La Slovaquie championne de la croissance grâce à l'automobile

Des bras robotiques dans une chaîne de montage de Kia Motors à Teplicka, en Slovaquie
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Des bras robotiques dans une chaîne de montage de Kia Motors à Teplicka, en Slovaquie - © Eduard Genserek (AFP)

La bonne santé du secteur de l'automobile en Slovaquie fait de ce petit pays un champion de la croissance parmi les 17 de la zone euro malgré la crise de la dette.

Alors qu'en France, le groupe PSA Peugeot-Citroën a annoncé un plan de suppression de 8000 emplois, en Slovaquie il en a au contraire créé 900 depuis le début de l'année.

Ce pays de 5,4 millions d'habitants, membre de la zone euro depuis 2009, accueille les usines de l'allemand Volkswagen, du français PSA Peugeot Citroën et du sud-Coréen Kia Motors.

L'automobile y est le principal moteur de l'industrie, le secteur emploie 72 000 personnes et représente 39% de l'économie nationale.

L'économie slovaque devrait progresser cette année de 1,8% alors que pour l'ensemble des pays de la zone euro, c'est une contraction de 0,3% que prévoit la Commission européenne.

La Slovaquie avait plongé dans la crise de 2008

Lors de la dernière crise globale en 2008, la Slovaquie avait subi de plein fouet la baisse de la demande en Europe occidentale, plongeant dans une récession de 4,9% en 2009.

Depuis, un changement stratégique a été opéré dans les usines d'assemblage qui se sont concentrées sur la production de petits modèles bon marché.

"Les voitures plus petites et meilleur marché, produites en Slovaquie, sont parfaites en période de crise", souligne Vladimir Balaz, analyste de l'Académie slovaque des sciences.

"Pour produire des voitures meilleur marché et gagner de l'argent, les constructeurs automobiles préfèrent des pays à bas coûts. La Slovaquie dispose d'une main-d'oeuvre relativement bon marché et qualifiée et d'une bonne position en Europe centrale pour exporter vers les pays de l'Est où les marchés automobiles sont moins saturés", explique Vladimir Vano, analyste de la Volksbank.

Le passage à l'euro a donné à la Slovaquie un avantage concurrentiel par rapport à ses voisins restés en dehors, la Hongrie et la République tchèque, permettant aux investisseurs d'éviter les conversions en monnaie locale.

"Si les constructeurs automobiles se trouvent face à une baisse de la demande, ils vont essayer de réduire la production à l'étranger mais de maximiser celle en Slovaquie", estime Vladimir Vano.

Des usines modernes, des salaires plus bas qu'à l'Ouest

"La force de la Slovaquie est que les usines automobiles ici sont les plus modernes du monde", fait valoir Jozef Uhrik, dirigeant de l'Association de l'industrie automobile.

PSA Peugeot Citroën produit sur son site près de Trnava (ouest) la Citroën C3 et la nouvelle Peugeot 208.

Le groupe qui emploie 3500 salariés en Slovaquie, a mis en place une troisième équipe de production cette année avec pour objectif de produire 300 000 voitures en 2013.

Par contre, dans la République tchèque voisine, la coentreprise TPCA associant PSA et le japonais Toyota a annoncé mardi le départ de 345 de ses 2800 salariés, soit 12% des ses effectifs.

Volkswagen a de son côté annoncé son intention d'investir 1,5 milliard d'euros en Slovaquie et d'embaucher 500 personnes en plus des 8400 actuellement employées sur les chaînes d'assemblage.

Le géant allemand qui a lancé la production de ses petits modèles Volkswagen up!, Skoda Citigo et SEAT Mii l'an dernier à son usine de Bratislava d'où sortent également les gros 4x4, Touareg, Audi Q7 et Porsche Cayenne, devrait atteindre une capacité de 400.000 voitures par an au cours des deux prochaines années.

Le sud-coréen Kia, qui produit la Kia cee'd, la Kia Sportage et la Kia Venga à son usine de Zilina (nord), vient d'annoncer une hausse de 10% de sa production au premier semestre et vise une capacité de 300 000 voitures en 2013.

Pour autant, l'économie slovaque n'est pas à l'abri des aléas de la conjoncture chez ses voisins.

"20% des exportations slovaques vont vers l'Allemagne et les pays du coeur de la zone euro", fait remarquer Vladimir Vano.

AFP

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