La santé financière des hôpitaux généraux reste fragile

La santé financière des hôpitaux généraux reste fragile, selon une étude que vient de publier la banque Belfius. Les principaux indicateurs financiers sont globalement dans le vert, l’étude portant sur la quasi-totalité des hôpitaux généraux du pays, sachant que les sept hôpitaux universitaires ne sont pas pris en compte.

L'étude agrège les résultats de 88 hôpitaux, la majorité d’entre eux font des bénéfices, mais d’autres sont en grande difficulté. Un chiffre: une douzaine d’hôpitaux ne génèrent pas suffisamment de revenus pour assumer le poids de leurs dettes et leurs difficultés ont plutôt tendance à s’aggraver. Derrière le "globalement", il y a donc des réalités très diverses.

Le taux d’endettement a plutôt eu tendance dans le secteur hospitalier à augmenter ces dernières années, mais il faut préciser tout de même que ces dettes ont augmenté parce que pas mal d’hôpitaux ont fait des investissements, surtout dans leurs infrastructures, moins dans les équipements médicaux. Mais pour Arnaud Dessoy, de Belfius, ce n’était pas du luxe: "Il faut dire qu’il y avait aussi un certain niveau de vétusté de certaines infrastructures, et donc il fallait absolument moderniser certains équipements, certains bâtiments hospitaliers. Et il fallait aussi les reconcevoir pour optimiser le fonctionnement de l’hôpital".

Pris en tenaille

En matière d'équipements médicaux les besoins sont importants, mais dans le secteur hospitalier certains plaident pour concentrer les services les plus chers dans un plus petit nombre d’hôpitaux pour mieux les rentabiliser. Mais là où les investissements sont urgents et importants, c’est dans l’informatique. La digitalisation va être massive dans le secteur, tout le monde est d’accord là-dessus, sauf que les moyens financiers ne sont pas nécessairement au rendez-vous, car comme le dit Arnaud Dessoy, les hôpitaux généraux sont pris en tenaille, leurs recettes sont mises sous pression depuis des années, qu’il s’agisse par exemple des budgets alloués par le ministère de la Santé pour le fonctionnement des hôpitaux, mais aussi les honoraires ou les marges sur les produits pharmaceutiques. "Toutes les sources de financement du compte de résultat sont sous pression, et par rapport à ça, il y a évidemment des coûts qu’on peut difficilement comprimer davantage. La plus grosse partie est évidemment le coût du personnel, qui représente 45 % et qui est évidemment sous pression. Même s’il est sous contrôle, il progresse légèrement davantage que le chiffre d’affaires et donc ça induit mécaniquement une détérioration du résultat", explique Arnaud Dessoy.

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