La réouverture des commerces "non-essentiels", une bonne nouvelle pour le secteur alimentaire, qui souffre aussi

Les commerces dits non essentiels rouvrent ce matin après un mois de fermeture, et il y a ceux qui n’ont jamais fermé, notamment les supermarchés et les magasins de nourriture. Pourtant, malgré ça, le secteur alimentaire accuse de grosses pertes en Belgique. Ses responsables préviennent aujourd’hui : attention, il y a des craintes de perdre des milliers d’emplois. 

Pourtant, si on compare à d’autres pans de l’économie, le secteur alimentaire souffre beaucoup moins que d’autres, comme la culture, les commerces non alimentaires, le tourisme, les métiers de contact, etc.

Mais effectivement, le secteur alimentaire accuse quand même de grosses pertes, quatre milliards pour cette fameuse année 2020 si particulière. Le secteur a perdu 7% de son chiffre d’affaires et c’est mine de rien beaucoup pour Jan Vander Stichele, le président de la Fevia, la Fédération de l’industrie alimentaire belge: "On peut dire que ça va parce qu’il y a des entreprises qui souffrent beaucoup plus que ça, mais la même chose est valable pour le secteur alimentaire. Certaines entreprises souffrent beaucoup plus et accusent même des pertes allant de 60% à 75%. Les gens ne pensent pas à revenir à la normalité avant mi-juin de l’année prochaine, et dans le cas pessimiste, on risque de perdre 4000 emplois, c’est-à-dire entre 5% et 6% de l’effectif".

Investissements reportés

Et c’est un cercle vicieux: à cause de cette situation actuelle, la moitié des entreprises alimentaires annoncent qu’elles vont réduire ou reporter les investissements qu’elles avaient prévu de faire l’année prochaine. Or ces investissements auraient pu précisément créer des emplois.

Distinction importante: les entreprises alimentaires qui sont orientées vers la grande distribution n’ont pas souffert, voire se portent mieux, mais Jan Vander Stichele rappelle qu’au sein de son secteur, la situation est très contrastée parce qu’il y a aussi toutes les autres entreprises alimentaires, notamme qui focalisent sur l’Horeca: "Là, pas de chiffre d’affaires. Le food service (cantines scolaires, cantines d’entreprises, traiteurs, etc.), c’est la même chose, et on sous-estime l’export, qui a surtout souffert dans la première vague et où on accuse quand même une perte de 23% de chiffre d’affaires. Ces gens-là souffrent donc beaucoup plus que quelqu’un qui a tous ses produits dans les supermarchés".

Et il a aussi fallu s’équiper et acheter des mesures de protection, aménager les entreprises et les lieux de manière à respecter les règles sanitaires, le nettoyage... tout ça a coûté aux entreprises, quand bien même elles continuaient de fonctionner.

La réouverture ce matin des magasins fermés depuis un mois est une bonne nouvelle pour le secteur, parce que même si les magasins alimentaires eux-mêmes sont restés ouverts, ils étaient parfois bien seuls dans certaines zones.

"Si demain les gens ont de nouveau envie d’aller acheter des choses soi-disant non essentielles, explique Jan Vander Sticheleils seront quand même dans la rue, ils vont passer devant ces boutiques et ils vont peut-être aussi faire quelques achats plutôt impulsifs, chose qu’on ne faisait pas avant, donc ça va quand même être positif".

Il compte donc sur une sorte d’émulation positive, de stimulation mutuelle entre les différents types de commerces plutôt qu’une concurrence entre eux, et c’est particulièrement vrai pour les rues commerçantes et pour les centres commerciaux où parfois un supermarché se trouvait bien seul entouré de magasins fermés. Ce sera donc terminé à partir d’aujourd’hui.

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