Prime de fin d'année: tout le monde n'a pas le même montant

Qui dit approche de Noël dit prime de fin d’année. Elle devrait arriver cette semaine pour la plupart des travailleurs.

En général, c’est avant Noël pour que les gens aient la possibilité de dépenser pour les fêtes. Et pourtant, tout le monde ne recevra pas la même chose. Petit mode d’emploi dans Ecomatin, sur la Première.

Est-ce que tout le monde reçoit une prime de fin d’année?

Non. Déjà il y a tous les indépendants, ils n’ont pas d’employeur, donc ils n’ont pas de prime, et ça fait quand même beaucoup de travailleurs en Belgique. Et pour ce qui est des salariés, il n’y a aucune loi qui obligerait un patron à verser une prime de fin d’année à ses travailleurs. 

Cela dit, dans le secteur privé, il y a quand même 95% des travailleurs qui reçoivent une prime. Ca fait quand même trois millions de personnes.

Pour ceux qui en reçoivent, tout le monde a la même chose? On peut espérer recevoir combien?

Non, tout le monde n’a pas la même chose. Ça dépend du secteur dans lequel vous travaillez, car c’est souvent négocié dans ce qu’on appelle des conventions collectives. Parfois, ça peut aussi être décidé au niveau d’une entreprise, et parfois c’est même négocié individuellement. Le montant de votre prime est alors dans votre contrat de travail, qui n’est pas la même que celle de votre collègue. C’est vraiment au cas par cas.

En Belgique, la règle la plus fréquente est quand même le fameux "treizième mois". C’est par exemple la règle dans le secteur des employés, la plus grosse commission paritaire en Belgique, soit plus de 400.000 travailleurs. Là, la prime est tout simplement, comme son nom l’indique, un mois de salaire. Mais avec un bémol : c’est plus taxé que votre salaire, donc la prime nette que vous allez effectivement avoir sur votre compte sera un peu moins que ce que vous avez l’habitude de recevoir comme salaire à la fin du mois.

Mais il y a toute une série d’autres secteurs dans lesquels le calcul est tout à fait différent que ce "treizième mois", explique Valentin Broquet du secrétariat social Group S : "On pourrait avoir soit un paiement qui correspond à un pourcentage de la rémunération gagnée par le travailleur sur l’année, ou alors éventuellement un forfait octroyé d’office au travailleur, peu importe sa rémunération mensuelle, ou encore on peut avoir une prime qui sera payée en fonction d’un montant payé pour chaque jour effectivement presté sur l’année".

Que vous travailliez dans une banque, dans les titres-services ou dans un atelier de menuiserie, vous n’allez pas du tout toucher la même chose. Ça peut aller de quelques dizaines d’euros forfaitaires à un vrai "treizième mois".

Historiquement, d’où vient cette prime? Est-elle remise en cause au nom de la compétitivité?

Ça vient des années 60-70, ces fameuses Trente Glorieuses, dans la foulée de la Deuxième Guerre mondiale, à une époque où l’économie tournait à plein régime. C’est vrai qu’aujourd’hui le contexte a changé et du côté patronal, il y a beaucoup de gens qui voudraient revoir cette prime. C’est plus taxé que les revenus normaux, que les salaires, et donc dans certaines entreprises, à la place de cette prime de fin d’année, on propose d’autres avantages qui sont moins taxés, une voiture par exemple, un abonnement de train ou des congés.

Dans ce cas-là, l’entreprise paie moins de charges, le travailleur reçoit plus et le perdant c’est l’État, parce qu’évidemment les primes de fin d’année, comme elles sont fort taxées, c’est aussi des centaines de millions d’euros dans les caisses de la Sécurité sociale tous les ans.

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