La médiation de dette : une profession de plus en plus sollicitée

Une dette peut être liée à un crédit, mais pas seulement. Dans la plupart des cas, des factures impayées sont aussi en cause : loyer électricité ou encore notes d’hôpital. En général, les personnes surendettées cumulent les dettes, auprès de plusieurs créanciers et la situation devient vite ingérable.

Les médiateurs de dette sont là pour aider les personnes surendettées à s’en sortir : les conseiller et favoriser le dialogue entre le particulier et ses créanciers. Des aménagements peuvent être trouvés comme un allégement de la dette –voire même une annulation de la dette dans certains cas très rares- ou un allongement de la période de remboursement.

La profession de médiateur de dette est récente. Son existence a été rendue possible par une loi de 1998, entrée en vigueur un an plus tard. L’idée était alors d’encadrer les pratiques existantes, d’empêcher des médiateurs autoproclamés d’abuser financièrement de leurs clients. Si la profession est donc encore relativement jeune, elle n’en est pas moins sollicitée.

Par peur ou par honte, les particuliers concernés ont souvent tendance à laisser trainer les choses. " C’est vrai que les gens viennent très tard. Une fois que l’huissier est passé les voir et a dressé un inventaire de leurs meubles. Les gens sont alors vraiment paniqués ", confirme Jessica Lempereur, médiatrice de dette et assistante sociale dans plusieurs CPAS wallons.

"Échapper à une vie de stress et d’angoisse"

Pour Didier Noël, coordinateur scientifique à l’observatoire du crédit et de l’endettement, ces personnes auraient pourtant avantage à se manifester le plus tôt possible auprès d’un médiateur. "L’intérêt c’est de pouvoir échapper à une vie de stress et d’angoisse en étant poursuivi tous les jours par ses créanciers : visites ou courriers de l’huissier de justice, du bureau de recouvrement, dénonciation de crédit etc. ", expose-t-il. Mais il prévient "ça ne veut pas dire pour autant que la vie devient rose et facile. Il faut faire des efforts. Se contenter du strict minimum pour payer ses charges courantes. Ça n’est pas une vie de plaisirs !"

Il existe deux types de médiation de dette : la médiation à l’amiable et la médiation judiciaire, encore appelée médiation collective de dette. La première formule vise à trouver un terrain d’entente et permet en théorie d’éviter un passage devant le juge. Mais la réalité est plus nuancée : cette procédure aboutit en fait rarement à un arrangement amiable. " Quand il s’agit d’un gros créancier, une banque par exemple, c’est tout simplement impossible ", estime Chantal Lourtie, avocate et médiatrice de dettes à Liège. La procédure judiciaire a l’avantage de suspendre toutes les poursuites qui pèsent sur la personne endettée.

Cette avocate assure qu’elle ressent l’impact de la crise économique au quotidien. Et si la médiation judiciaire parvient à en sortir certains d’une mauvaise passe, elle n’a pas réponse à tout. "Ce dispositif est magique pour des personnes qui trébuchent à un moment donné de leur vie. Qui perdent leur emploi par exemple. Mais quand la dette est structurelle, c’est à dire quand la famille a constamment des revenus insuffisants pour payer ses factures, on ne peut rien faire. On ne peut pas proposer de remise de dette. Et je pense que nous serons de plus en plus confrontés à ce type de problèmes", redoute l’avocate.

Barbara Schaal

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