La laine wallonne: un secteur qui prend de l'ampleur

Des dizaines de sacs remplis de centaines de kg de laine
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Des dizaines de sacs remplis de centaines de kg de laine - © Sarah Heinderyckx

Une grande collecte de laine était organisée ce mercredi matin à Ath dans le Hainaut. Le but, favoriser le circuit court et permettre aux éleveurs de chez nous de vendre leur laine à ceux qui souhaitent la transformer. C'est ce qu'on appelle la filière laine, un secteur qui prend de l'ampleur en Belgique.

1,20 euros par kilogramme de laine de bonne qualité

Dans la cour d'une exploitation de Gibecq, des dizaines de sacs remplis de centaines de kilos de laine ont été amenés par des éleveurs venus des quatre coins du Hainaut. Sur place, elle a été pesée et analysée par un expert pour en déterminer le prix. Comptez 1,20 euros par kilogramme de laine de bonne qualité.

Du beurre dans les épinards

Cette vente permet de mettre du beurre dans les épinards de ceux qui élèvent avant tout les moutons pour leur viande et qui profitent de cette récolte locale mise en place il y a trois ans. "Avant, c'était un tondeur qui venait chez nous", explique Romain Wynants, éleveur de moutons, "maintenant je me suis mis à la tonte et on amène tout ici. On ne doit plus payer le tondeur et l'argent de la vente va directement dans notre poche".

Une qualité croissante

Pour les transformateurs, cette filière courte permet enfin de trouver chez nous une bonne matière première. C'est le cas de Dominique Blandiaux, responsable marketing de DBC Wool, une entreprise de Verviers qui fabrique entre autres des couettes et des oreillers en laine. "Avant qu'on commence cette filière en Belgique, on n'achetait rien en Belgique", nous confie-t-elle, "c'était trop désorganisé, la laine était trop mélangée, pour nous c'était ingérable".

Mais cette année, la société verviétoise a pu récolter près de quatre tonnes de laine rien qu'à Ath. Avant d'être filée, elle doit d'abord être nettoyée. Une opération qui se fait dans le dernier lavoir industriel de laine en Europe situé lui aussi à Verviers.

On sent qu'il y a un nouvel attrait pour la laine

Là, 5000 tonnes sont traitées chaque année avec un savoir-faire unique. La laine belge ne représente encore qu'un pour cent de l'activité, mais après des années moroses, le secteur se porte mieux. Jacques Delhasse, directeur général de Traitex, précise : "Cette année, on a déjà fait 25% de mieux par rapport à la même période l'année dernière qui était déjà 10% supérieure à la précédente. On sent qu'il y a un nouvel attrait pour la laine, ça marche bien en ce moment".

Traçabilité assurée

Après avoir été nettoyée, la laine part au Luxembourg ou en France pour revenir sous forme de grandes nappes dans des ateliers comme celui de Marie Ghyssens, artisane à Buissenal. Elle travaille la laine sous forme de feutre pour réaliser des chaussons, des sacs ou encore des bracelets. Grâce au circuit court, elle sait d'où vient sa matière première.
 

"La traçabilité est assurée à 100%. On est très fier de ce qu'on travaille d'autant que c'est une laine gonflante avec laquelle on peut faire beaucoup de choses. En feutre en tout cas j'en suis très contente", précise l'artisane.

En quelques années, la filière laine aura permis de conscientiser de nombreux éleveurs qui ne laissent plus filer leur produit vers la Chine. De quoi mettre en valeur cette fibre naturelle et écologique qui possède encore un beau potentiel de développement.

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