La hausse vertigineuse des prix du gaz et de l’électricité sur les marchés de gros aura un impact différé sur notre facture

Les prix du gaz et de l’électricité poursuivent leur hausse sur les marchés de gros, là où les fournisseurs achètent leur énergie pour ensuite nous la revendre. Si ça continue, cela se répercutera sur notre facture. La reprise économique explique cette augmentation.

Les usines, les entreprises, les transports retrouvent en effet leur rythme de croisière et les consommateurs ont besoin d’énergie simultanément, pour faire tourner leurs activités, particulièrement en Asie. De surcroît, les besoins en énergie ne sont pas les seuls. On constate également que les prix du pétrole, du charbon, les prix des matières premières en général grimpent en flèche en ce moment et atteignent des prix qu’on n’avait plus vus depuis des années, dans certains cas même des records historiques.


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C’est ce qui explique qu'un mégawattheure d’électricité livrable à la fin de l’année coûte aujourd'hui plus de 80 euros, alors qu’avant la crise, il en coûtait une cinquante deuros. Le prix du MWh est même tombé à 30 euros lors du premier confinement, où là, à l’inverse, les usines étaient fermées et la demande était bien moindre.

Des coûts en cascade

En même temps, alors même que la demande est très forte, l'offre, elle, est limitée pour l'instant "Il y a une série de terminaux et d’infrastructures d’importation qui sont en période de maintenance, explique Alexandre Viviers, consultant énergie chez SIA Partners. Ca crée une friction qui impacte les prix à la hausse. En plus de ça, il faut préciser qu’on utilise du gaz naturel pour produire de l’électricité, et quand on le fait, une taxe CO2 rentre en ligne de compte. Et le prix de ce CO2 a fortement augmenté ces derniers mois et ça vient se rajouter à l’effet".


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Pour le moment, les coûts se répercutent en cascade : l’émission d’une tonne de CO2 coûte plus de 50 euros, alors que c’était encore la moitié il y a un an. Il faut également compter sur le Brexit qui va de pair avec une moins bonne interconnexion électrique entre le Royaume-Uni et le continent, sur le printemps plutôt froid en Europe, sur certains site de production, notamment de gaz de schiste aux Etats-Unis qui ont fermés faute d'activité pendant le confinement et n'ont pas repris,...

Les élméments s'accumulent et expliquent cette hausse des prix sur les marchés de gros.

Reportage de notre JT:

Quelles sont les conséquences sur notre facture ?

Le prix de l’énergie brute représente seulement un bon quart de notre facture. S'y ajoutent le prix du transport, du réseau, et il y a les taxes qui, elles, n’ont pas particulièrement évolué. L'augmentation des prix de gros n'a donc pas un effet direct et proportionnel sur notre facture même si elle joue évidemment. Et l’impact sera différent en fonction du type de contrat, s’il est fixe ou variable.

Pour Alexandre Viviers, "pour tous les ménages qui sont sur un prix fixe à l’heure actuelle, il n’y a pas d’impact à court terme. En revanche, au moment où le contrat actuel va arriver à terme, la nouvelle offre du fournisseur sera immanquablement plus chère. Pour ceux qui ont un contrat variable à l’heure actuelle, ils vont malheureusement directement en sentir les effets, puisqu’à ce moment-là, la formule de prix est directement basée sur le prix qu’on observe sur le marché de gros".

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