La hausse des prix des produits énergétiques entraîne l’inflation à la hausse, avec un taux de 2,27% en juillet

Le gaz naturel, l’électricité, l’essence et le diesel se vendent plus cher depuis début juillet et cette hausse du prix des produits énergétiques fait grimper l’inflation à 2,27% en juillet alors qu’elle était de 1,63% à la fin du printemps, selon les données publiées ce jeudi par l’Office belge de statistiques Statbel. Si la hausse se poursuit cet hiver, elle pèsera plus lourdement sur le budget des personnes à petits revenus.

L’inflation est calculée en comparant l’indice des prix à la consommation d’un mois donné avec l’indice de ce même mois lors de l’année antérieure. Autrement dit, les prix à la consommation de ce mois de juillet 2021 ont augmenté de 2,27% si on les compare avec ceux de juillet 2020.

Quant à l’indice des prix à la consommation, il est lui-même calculé sur base de la valeur marchande de certains produits, parmi lesquels les produits de l’énergie comme le gaz naturel, l’électricité, l’essence et le diesel.

Le prix de l’essence en hausse de 15,3% en un an

Avec la reprise de l’activité économique consécutive à un an et demi de pandémie, la demande de produits énergétiques est tout simplement plus forte, comme le confirme Olivier Neyrinck, le porte-parole et directeur technique de Brafco, la Fédération belge des négociants en combustibles et carburants : "La demande en produits énergétiques, donc aussi des produits pétroliers, est plus importante, ce qui influence les mécanismes habituels d’offre et de demande. L’offre étant constante, la hausse de la demande dope les prix des produits pétroliers sur les différents marchés internationaux. On tourne désormais autour de 76 dollars le baril de pétrole, ce que l’on n’avait plus connu depuis longtemps. Il faut remonter à 2014 pour trouver des prix similaires pour les produits pétroliers finis comme l’essence".

A la pompe, les prix de l’essence et du diesel ont augmenté, respectivement de 15,3% et 15,8% en un an.


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Le prix du gaz s’envole : + 38,8% en un an

Si la hausse des prix des carburants est notable, c’est bien le prix du gaz naturel qui s’envole avec une hausse de 38,8% entre juillet 2020 et juillet 2021.

Selon la porte-parole de la CREG, le régulateur belge du gaz et de l’électricité, Sophie Lenoble, "pour le gaz naturel, au niveau de l’offre, la demande de gaz naturel liquide (GNL) et les prix sont très élevés en Asie alors que le marché européen est moins concurrentiel et attire, par conséquent, moins de bateaux de GNL."


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Un facteur auquel il faut ajouter l’augmentation continue du prix du dioxyde de carbone qui s’échange sur les marchés internationaux. "A titre d’exemple, la tonne de CO2 se vendait 30€ en janvier et… 52€ en mai", poursuit Sophie Lenoble.

Au niveau de la demande, la hausse du prix de la tonne de CO2 a rendu la production au charbon moins attractive et a poussé les producteurs à utiliser des centrales au gaz la place. La demande de gaz est donc plus importante.

Selon la CREG, la demande de gaz a par ailleurs été plus forte parce qu’il fallait accroître les niveaux de stockage en Europe, alors que le remplissage avait été lent au printemps à cause des températures en dessous des normes saisonnières.

+ 15,3% pour le prix de l’électricité

Quant au prix de l’électricité, il enregistre une hausse de 15,3% en un an (+ 0,165 point en un mois) liée à plusieurs facteurs parmi lesquels la faiblesse de la production d’électricité d’origine éolienne en raison des conditions météo, particulièrement en juin, voire la maintenance de la centrale de Coo. "A cela s’ajoutent", précise Sophie Lenoble du régulateur du gaz et de l’électricité, "des centrales gaz qui ont été plus utilisées tirant les prix de l’électricité vers le haut dans un contexte d’augmentation des prix du CO2 et des prix du gaz naturel".


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Tous ces facteurs pèsent sur la facture énergétique des consommateurs vivant en Belgique.

Si, pour l’économiste et membre d’Ecolo Philippe Defeyt, l’inflation constatée en juillet n’a rien de dramatique, "il faut toutefois noter que les ménages ont des structures différentes. Le poids du prix de l’énergie est plus important pour les personnes à petits revenus que pour celles avec des gros revenus. La hausse des prix de l’énergie constatée en ce moment n’est pas conséquente parce que c’est l’été. Mais si elle se poursuit en hiver, ce sera difficile pour les petits revenus".

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