La Grèce hors de la zone euro ? "Un scénario catastrophe"

Des euros grecs
Des euros grecs - © Archive EPA/FEDERICO GAMBARINI

La crise grecque met-elle en péril toute la zone euro ? Pour l'économiste Philippe Ledent, il faut privilégier les solutions à cette crise qui maintiennent l'unité de la zone euro.

La Grèce n'en finit pas de sombrer dans la crise économique qui la touche, les agences de notation avaient dégradé sa note en début de semaine. Les Européens ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur une nouvelle. Et pendant ce temps la population tente de crier son désarroi en manifestant, comme ce fut le cas mercredi.

Période d'examen

La Grèce met-elle en danger toute la zone euro ? Philippe Ledent, économiste chez ING et professeur d'économie à l'UCL, interrogé par Georges Lauwerijs, rappelle qu’on n'est "pas encore vraiment sorti d’une période troublée depuis le début de l’année 2010, avec la crise grecque, la crise irlandaise, puis la crise portugaise. Maintenant on revient à la crise grecque parce qu’on entre dans la période d’examen afin de voir quels sont les efforts qui ont été réalisés suite au plan d’aide qui a été défini l’an dernier et qui impliquait des mesures à prendre afin d’assainir les finances publiques. Et manifestement, la Grèce n’est pas encore parfaitement en ligne avec le plan qui avait été décidé, et cela crée de nouveaux problèmes". 

Les agences de notations ont dégradé les notes de plusieurs banques françaises parce qu'elles sont impliquées dans la dette grecque, mais "l’exposition du secteur financier belge à la Grèce est vraiment très limitée par rapport à d’autres pays comme la France ou l’Allemagne", selon Philippe Ledent. 

Scénario catastrophe

Pour Philippe Ledent, l’idée que la Grèce décide de quitter la zone euro "serait un scénario catastrophe. Pour la Grèce, sortir de la zone euro résoudrait certes le problème de l’endettement public, puisque la dette en euro serait libellée en drachmes. Mais la nouvelle drachme se déprécierait de 40%, 50%, voire 60% par rapport à l’euro. Néanmoins, cela poserait un énorme problème au système bancaire grec et à de nombreuses entreprises grecques, qui ne pourraient pas remplacer leur dette en euro. Et qui devraient faire face à un coût de financement énorme : cela mettrait quand même l’économie grecque par terre"

Concernant la zone euro, l’enjeu c’est de savoir si les pays souhaitent continuer à vivre ensemble, en y mettant les moyens. Vis-à-vis des investisseurs étrangers, si un des pays choisit de se séparer de la zone euro, la Grèce en l’occurrence, cela signifie que d’autres pays, tels que l’Irlande ou le Portugal, risquent de faire la même chose, explique encore Philippe Ledent : "C’est pourquoi une solution qui vise à maintenir l’unité de la zone euro est beaucoup plus enviable".

A.L. avec G. Lauwerijs

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