La Grèce fait de nouveau défaut sur sa dette vis-à-vis du FMI

La Grèce fait de nouveau défaut sur sa dette vis-à-vis du FMI
La Grèce fait de nouveau défaut sur sa dette vis-à-vis du FMI - © LOUISA GOULIAMAKI - AFP

La Grèce a de nouveau fait défaut sur sa dette vis-à-vis du Fonds monétaire international en n'honorant pas un remboursement de 456 millions d'euros qui était dû lundi, a annoncé l'institution de Washington.

Le paiement "n'a pas été reçu", a indiqué le porte-parole du FMI Gerry Rice dans un communiqué. A court d'argent frais, Athènes avait déjà manqué le 30 juin un premier remboursement de 1,5 milliard d'euros, devenant ainsi le premier pays industrialisé à accumuler des arriérés de paiement vis-à-vis du FMI. Le pays reste donc privé d'accès aux ressources financières du FMI et le demeurera tant qu'il n'aura pas apuré ces arriérés qui avoisinent désormais les deux milliards d'euros, un montant record au FMI.

Ce nouveau défaut était largement attendu. Exsangue financièrement, la Grèce a conclu lundi avec les autres pays de la zone euro un accord ouvrant certes la voie à un nouveau plan d'aide massif mais ne lui accordant aucun argent frais dans l'immédiat.

Déjà une échéance le 20 juillet

La Grèce fait pourtant face à des échéances cruciales. Elle doit notamment rembourser d'ici le 20 juillet près de 3,5 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE), qui maintient les banques hellènes en vie grâce à des prêts d'urgence. Un défaut vis-à-vis de la BCE serait bien plus lourd de conséquences que celui essuyé par le FMI, qui s'était dit plus tôt dans la journée de lundi "prêt à travailler" avec Athènes.

Contre la volonté du gouvernement grec, les dirigeants de la zone euro ont imposé lundi le maintien dans le processus d'aide la présence du FMI, qui a déjà pris part aux plans de 2010 et 2012 en consentant à Athènes le plus grand prêt de son histoire.

Si elle solde ses arriérés de paiement, la Grèce peut ainsi en théorie encore prétendre à quelque 16 milliards d'euros de prêts du Fonds, dont le versement resterait toutefois conditionné à des mesures d'économie drastiques. Sans tenir compte de ces éventuels nouveaux fonds, la Grèce doit au total rembourser quelque 22 milliards d'euros au FMI, qui représentent 7% de la faramineuse dette totale du pays.

Dettes "samouraï" remboursées, un symbole

La Grèce a pourtant réussi à s'acquitter mardi du remboursement d'obligations dites "samouraï" auprès de créanciers privés au Japon, un geste symbolique destiné à éviter la défiance totale des marchés.

"La réception de la somme de 20 milliards de yens (148 millions d'euros) a été confirmée ce matin", a indiqué un porte-parole de la mégabanque nippone Mizuho Financial Group, administrateur des obligations.

Ces titres de dette avaient été émis par l'Etat grec il y a exactement 20 ans dans la devise nippone, et vendus à des investisseurs privés.

Ils représentent une somme négligeable comparée au montant total de la dette grecque (près de 312 milliards d'euros, soit 177% du produit intérieur brut du pays), mais leur remboursement revêtait une importance capitale.

"Si la Grèce échouait à rembourser des investisseurs privés, elle serait jugée en faillite", ce qui la priverait d'accès aux marchés pour se financer, explique Sayuri Ito, de l'institut de recherche NLI, contacté à Tokyo.

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