La Grèce à court d'argent fin juillet pour payer les fonctionnaires et les retraites

Une femme fait la mendicité dans une rue du centre d'Athènes, le 12 juin 2012
Une femme fait la mendicité dans une rue du centre d'Athènes, le 12 juin 2012 - © Andreas Solaro

La Grèce, où se tiendront dimanche des élections cruciales, ne dispose plus que de deux milliards d'euros dans ses coffres pour assurer le paiement des salaires de la fonction publique et des retraites jusqu'au 20 juillet, a affirmé mercredi le quotidien Kathimerini, sans citer ses sources.

Le ministère grec des Finances n'avait pas démenti mercredi après-midi.

Outre Kathimerini, plusieurs médias grecs ont relayé mercredi cette information qui aurait filtré d'une réunion mardi soir entre le ministre des Finances intérimaire Georges Zannias et le chef de la gauche Syriza Alexis Tsipras.

Le ministère des Finances a indiqué mardi dans un communiqué que les recettes publiques s'étaient élevées à 666 millions d'euros sur les cinq premiers mois de 2012, moins que l'objectif prévu.

Selon l'hebdomadaire allemand Die Zeit à paraître jeudi, la Grèce "aura besoin cet été d'argent frais" et un "troisième plan d'aide pourrait dans quelques semaines être débattu" par les députés allemands. L'hebdomadaire chiffrait ce nouveau prêt "en dizaines de milliards d'euros".

Mais une victoire éventuelle d'Alexis Tsipras, 37 ans, dont le parti anti-austérité est au coude-à-coude avec la droite Nouvelle Démocratie pour le scrutin du 17 juin, inquiète certains milieux européens.

Plusieurs dirigeants des pays membres de la zone euro menacent la Grèce d'une sortie de l'euro si le pays n'appliquait pas le plan de rigueur imposé depuis deux ans en échange des prêts internationaux.

De son côté, le ministre grec de l'Emploi, Antonis Roupakiotis, a assuré mercredi lors d'une conférence de presse à Athènes "que les retraites du mois de juillet ne devraient pas normalement avoir de problème". "Pour après (le mois d'août), je ne peux rien dire car c'est hors de mes compétences" a-t-il ajouté.

M. Roupakiotis est membre du gouvernement intérimaire nommé à la mi-mai après le scrutin inconclusif du 6 mai.

Le ministre a mis en garde contre "la mauvaise situation financière des caisses de retraites grecques, celles subventionnées par l'Etat, comme la caisse des professions libérales (Oaee), des agriculteurs (Oga) ou même de l'Ika (la caisse principale des salariés du privé)".

L'organisme du chômage (Oaed), en difficulté également, "doit être subventionné de 260 millions d'euros d'ici la fin de l'année pour faire face à ses obligations", surtout aux primes de chômage, a dit M. Roupakiotis.

La hausse du chômage, qui a plus que doublé depuis 2010, année du déclenchement de la crise de la dette en Grèce, pour atteindre 21,9% actuellement, ainsi que la restructuration de la dette souveraine en mars, ont eu des répercussions négatives sur les comptes des caisses de retraites du pays.


AFP

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