La Formule 1 est-elle toujours une activité rentable?

Ces 13 et 14 avril aura lieu le Grand Prix de Formule 1 à Shanghaï, en Chine. Particularité, ce sera le millième Grand Prix de Formule 1 de l’histoire. En quelques décennies, c’est devenu un véritable business.

Le tout premier Grand Prix a eu lieu en mai 1950 sur le circuit de Silverstone en Angleterre. Depuis quelques années, la commercialisation de la F1 dépend du groupe américain Liberty Media, qui a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires d’un milliard et demi de dollars avec la F1 et une audience de 490 millions de téléspectateurs dans le monde.

L’événement nous fait perdre entre six et huit millions d’euros par an

Au programme cette année, 21 rendez-vous, dont bien sûr le Grand Prix de Belgique à Francorchamps, qui aura lieu le 1er septembre prochain. Mais le Grand Prix de Belgique continue à perdre de l'argent et est structurellement déficitaire. Melchior Wathelet, président de la société du circuit de Spa-Francorchamps, le reconnaît volontiers.

"Trois semaines par an, le circuit est utilisé pour la Formule 1 et il est clair que l’événement nous fait perdre entre six et huit millions d’euros par an. On réduit chaque année le déficit, mais ça reste un déficit. Mais en même temps, l’étude Deloitte nous a montré que l’activité du Grand Prix rapporte 30 millions d’euros à la Belgique. Donc, c’est clair que ça rapporte 30 millions d’euros à notre économie et ça coûte, en termes de support de l’événement, six à huit millions d’euros. Il y aura toujours des gens qui seront pour, quel que soit le prix, et il y a toujours des gens qui seront contre, quel que soit le prix. Notre but est de réduire le déficit au maximum et de négocier les meilleures conditions possibles avec la Formule 1 et de rendre l’organisation la plus professionnelle possible."

Ce Grand Prix de Formule 1 attire tout de même des dizaines de milliers de personnes dans la région pendant ce week-end-là, sans oublier non plus l’impact international puisque la course est retransmise dans des dizaines de pays dans le monde. C’est une belle carte de visite pour la Belgique.

Diversifier les activités

Les comptes de la société qui gère les infrastructures font apparaître un peu plus de 15 millions d’euros de recettes pour 2017; un bénéfice à affecter de 3,4 millions. Cela lui permet d’investir pour diversifier ses activités, et donc ses sources de revenus.

"On veut faire en sorte d’accueillir de plus en plus de championnats du monde, de courses à renommée internationale, qui amènent du public et qui font vivre ce circuit. On veut aussi se diversifier en se disant que la course automobile, les courses moteurs, sont évidemment notre ADN, mais on veut aussi amener d’autres types d’événements ici, dans cet endroit exceptionnel : des concerts, des festivals, nourriture et boissons. Ce sont véritablement d’autres types d’événements que purement et simplement la course automobile en tant que telle, pour diversifier nos publics, nos événements, et pour attirer encore plus de monde et faire en sorte que les investissements dans cet endroit exceptionnel soient le plus positif possible pour notre région", ajoute M. Wathelet. 

Investissements comme ce chantier pour accueillir le rallycross, une discipline très en vogue : mise à jour des infrastructures de sécurité, la question des normes environnementales, les infrastructures télécoms. C’est un plan d’investissement sur plusieurs années.

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