La Flandre veut installer une taxe kilométrique, mais que font nos pays voisins en la matière?

La Flandre veut installer une taxe kilométrique, mais que font nos pays voisins en la matière?
La Flandre veut installer une taxe kilométrique, mais que font nos pays voisins en la matière? - © JOHN D MCHUGH - AFP

Combattre les embouteillages par l'instauration d'une taxe kilométrique? C'est ce à quoi travaille actuellement le ministre flamand N-VA de la mobilité, Ben Weyts.

L'idée serait de taxer tous les automobilistes qui rouleront sur le territoire flamand et le montant sera adapté en fonction de l'heure et de l'endroit. En contrepartie, la taxe sur la circulation sera supprimée pour les résidents flamands.

Un sujet de discorde en Belgique

Ce système avait déjà été proposé par la fédération des Entreprises de Belgique (FEB) en avril dernier"Taxer l'usage plutôt que la propriété, et ce en fonction du lieu, de l'heure et de la pollution. Supprimer dans le même temps la taxe de mise en circulation et la taxe de circulation", suggérait Timmermans sur Twitter. 

Du côté de la FEBIAC, la fédération du secteur automobile, on plaide aussi pour l'introduction d'une taxe kilométrique "intelligente" pour les camions et les voitures.


►►► Pour ou contre la taxe kilométrique? "Quand on habite à la campagne, on a besoin d'une voiture"


Mais en Wallonie, pour plusieurs partis, il n'est pas question d'accepter une telle mesure. "Une taxe supplémentaire, c'est une double peine fiscale" expliquait Dimitri Fourny, chef du groupe cdH et bourgmestre de Neufchâteau, sur les ondes de La Première le 25 avril dernier. 

Le ministre wallon de la Mobilité Carlo Di Antonio (cdH) se aussi dit "très opposé" à ce projet de taxe kilométrique. D'après lui, le paiement proportionnel au nombre de kilomètres parcourus existe déjà via les accises et donne le droit de polluer davantage aux automobilistes "qui ont les moyens de payer".

Depuis plusieurs années, Carlo Di Antonio plaide pour l'introduction de la vignette payante pour circuler sur les routes wallonnes, qui remplacerait la taxe de circulation. "Le système fonctionne bien en Suisse et est plus égalitaire", poursuit-il. "Il serait neutre financièrement pour l'automobiliste wallon, en raison de la suppression de la taxe, et bénéfique pour les caisses wallonnes. Quelques millions de non-résidents en Wallonie empruntent nos routes chaque année et devraient se procurer la vignette."

Le prix de la vignette atteindrait entre 40 et 50 euros, comme dans d'autres pays européens.

Le ministre précise qu'il a toujours privilégié la recherche d'un accord pour un seul système belge afin d'éviter des différences régionales. "La Flandre rompt avec cette idée de système commun", poursuit-il. "Côté wallon, il faudra alors se concerter avant de réagir."

En 2016 déjà, après l'instauration de la taxe kilométrique pour les camions, Christophe Lacroix (PS), ex-ministre wallon des Finances et du Budget insistait: "Il n'y aura pas de prélèvement kilométrique pour les particuliers sous cette législature. C'est non, non et encore non!" Et effectivement, ce n'est d'ailleurs toujours pas le cas.

A Bruxelles, on n'est pas aussi catégorique, mais on imagine un système de péage à l'entrée de la capitale comme l'expliquait Rudi Vervoort (PS), le ministre-président de la région bruxelloise, en septembre dernier. Cela permettrait de limiter le nombre de véhicules dans la capitale.

Et en Europe ?

Cette question reste donc bien un point de discorde entre les Régions. Mais qu'en est-il chez nos pays voisins, dans les autres pays européens ? Ont-ils aussi instauré une taxe kilométrique pour les particuliers ?  

Il existe diverses méthodes de "taxation", via des péages comme c'est le cas en France et en Espagne, par exemple. On fait le point. 

  • En France

La plupart des autoroutes y sont payantes et ce, pour tous les utilisateurs du réseau. Le prix payé dépend du type de véhicule et de la distance parcourue. Donc plus vous roulez, plus vous payez.

Certains ponts et tunnels sont aussi à péage, c'est le cas du tunnel du Mont Blanc.

  • En Allemagne  

Pour l'instant, le système de péages s'adresse uniquement aux poids lourds. Mais dès 2019, l'Allemagne prévoit l'instauration d'une taxe sur les 13.000 kilomètres d'autoroutes et les 39.000 kilomètres de routes fédérales.

Son montant variera en fonction de la taille et des performances environnementales du moteur pour atteindre 67 euros en moyenne et 130 euros maximum par an. Les automobilistes allemands se verront toutefois exemptés de taxe automobile à hauteur du péage routier payé annuellement. 

Pour les automobilistes étrangers, redevables du péage seulement sur les autoroutes, sont en plus prévus des forfaits de courte durée: entre 2,50 euros et 25 euros pour 10 jours, entre 7 et 50 euros pour deux mois.

C'est la plaque d'immatriculation du véhicule qui permettra aux autorités de contrôler que cette taxe a été acquittée par les automobilistes.

A noter que depuis 2008, en tant que particulier, vous avez besoin d'une écovignette pour circuler dans la plupart des grandes villes. C'est le cas de Berlin, Brême, Cologne, Düsseldorf ou encore Francfort. Ces zones environnementales protégées se nomment "Umweltzone". Si votre véhicule est considéré comme étant trop polluant, vous ne pouvez pas y rouler. 

  • Au Danemark

Au Danemark, plusieurs ponts sont payants: la liaison du Storebælt qui relie la péninsule de Jylland à l’île Sjaelland où se trouve Copenhague et le pont-tunnel de Øresund qui fait la liaison entre Copenhague et Malmö (Suède) sur la E20. 

Les prix dépendent à chaque fois de la longueur de la voiture.

  • En Espagne

Les autoroutes "Autopistas" sont payantes. Vous payez moins selon si vous roulez en dehors des heures de pointe ou sur certaines routes. 

  • En Suède 

Les villes de Göteborg et de Stockholm appliquent le péage urbain, et ce même pour les voitures étrangères. Détail important, il n'y a pas de péages les week-end, jours fériés, veille de jour férié et durant le mois de juillet.

Le payement est automatique, par reconnaissance d'immatriculation, même étrangère. Une facture est directement envoyée, à la fin du mois, au propriétaire du véhicule par e-mail ou à son domicile.

Deux ponts sont également payants, ceux de Motala et Sundsvall. 

  • Au Royaume-Uni

Pour accéder au centre-ville de Londres, en semaine de 7h à 18h, les véhicules doivent payer la "Congestion Charge", qu'ils entrent, sortent ou stationnent dans cette zone.

L'enregistrement se fait en ligne, avant l'arrivée, et coûte en ligne £11.50 par jour (15€). Il y a une exception pour les week-end et jours fériés. Le centre historique de Durham est aussi concerné par cette taxe, entre 10h et 16h, du lundi au samedi sauf jours fériés. 

Depuis la fin du mois d'octobre 2017, la Congestion Charge est plus élevée pour les voitures plus anciennes. 

Certains axes d'autoroutes, une vingtaine de ponts, tunnels et routes privées nécessitent par ailleurs un péage. C'est le cas du pont de Dartford Crossing, côté est de Londres. 

Pas d'uniformisation pour le moment

Chaque État pose donc ses propres règles en la matière, que ce soit pour des raisons écologiques ou pour diminuer le trafic routier. 

Il y a cependant des pistes, puisque la député européenne française, Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, a rédigé un texte qui va dans ce sens. Il prévoirait une taxe kilométrique européenne uniformisée sur le principe du "pollueur-payeur". La décision reviendrait malgré tout aux États, d’appliquer ou non cette nouvelle taxe. Retrouvez le texte en question

Si vous voyagez dans ces pays, pensez à vous renseigner sur les différents sites nationaux ou encore sur Le Moniteur Automobile.

Reportage sur l'idée d'une taxe kilométrique en Flandre (JT 13h de ce jeudi 27):

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