La Flandre intéressée par Brussels Airport : un achat intéressant et envisageable?

La Flandre intéressée par Brussels Airport : un achat intéressant et envisageable?
La Flandre intéressée par Brussels Airport : un achat intéressant et envisageable? - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

C'est l'histoire d'un Canadien, d'un Australien et d'un Belge qui sont propriétaires d'un aéroport:

  • L'Etat belge, actionnaire à hauteur de 25% de Brussels Airport.
  • Le fonds de pension des enseignants de l’Ontario (OTPP), actionnaire canadien à 39%, le plus gros actionnaire.
  • Macquarie, fonds d'investissements australien, propriétaire à 36%.

La parade nuptiale a commencé

C'est un secret de polichinelle qui refait surface ces derniers jours, cela fait plus d'un an que l'on sait que l’australien Macquarie veut vendre ses parts. Cette opération de vente se rapprocherait. Elle serait peut-être mise en route à l’automne, peut-être dès la fin du mois de septembre. La parade nuptiale a donc commencé entre investisseurs étrangers et acteurs belges, dans le but de former un consortium capable de racheter ces 36% de l'aéroport de Zaventem. Et la Flandre serait aussi intéressée, via sa société d'investissements PMV.

Elle n'est évidemment pas la seule sur le coup. Des fonds pensions canadiens (Omers) et néerlandais (PGGM), des investisseurs chinois seraient aussi intéressés. Côté belge, sont cités des assureurs, AG, Ethias, Belfius Insurance... Ils sont approchés surtout pour devenir partenaire minoritaire, parce que l'investissement financier est considéré comme rentable.

430 millions d'euros de dividendes en dix ans

En dix ans, 430 millions d'euros de dividendes ont été versés aux actionnaires de Brussels Airport. Même pas au détriment des investissements, puisque sur la même période, ce sont environ 800 millions d’euros qui ont été investi. Vous connaissez peut-être le surnom de l'aéroport de Zaventem pour les investisseurs? La "machine à dividendes".

Stabilité et certitude de revenus

Et pourtant Macquarie veut se retirer de l’actionnariat. Mais quelle mouche l'a donc piqué? Le fonds veut se retirer, sans doute pour les même raisons que le fonds de pensions canadien reste: la stabilité et la certitude de revenus. Le fonds d’investissements australien vise sans doute des marchés moins matures, moins stables, donc plus risqués, mais avec des rendements potentiels bien plus élevés - pour un fonds d'investissements australien, l'Asie du Sud-Est semble toute indiquée.

Dans ce contexte, l’intérêt de la Flandre pour des parts dans l’aéroport est encore à prendre au conditionnel. Un conditionnel qui semble assez logique : Brussels Airport est stratégique pour l'économie flamande et localisé sur le sol flamand. L'aéroport de Zaventem est juste derrière le port d'Anvers, le deuxième pôle de croissance économique le plus important de Belgique.

Un scnéario compliqué

Mais justement, l’État fédéral est déjà actionnaire de cet aéroport considéré comme national. Est-ce envisageable que la Région Flamande devienne actionnaire? Cela risque d'être compliqué pour plusieurs raisons :

  • Cela impliquerait que l’État belge cède une partie de son emprise sur l'aéroport (36% des actions c'est plus qu'une minorité de blocage dont la Flandre disposerait)
  • ll faudrait l'accord des autorités de contrôle au niveau fédéral.
  • L'achat annoncerait un nouveau sac de nœuds communautaire (Voies routières proches de l'aéroport, normes de bruits,...)
  • L'opération coûterait cher à la Région flamande: ce qui est à vendre est estimé entre 1 milliard et demi et 2 milliards d'euros. Une dépense qui risque d'être difficile à justifier en période électorale.
  • Il y a un accord entre les deux actionnaires privés actuels sur une priorité de rachat. En théorie, il se pourrait très bien que les Canadiens rachètent tout simplement les parts australiennes - même si un conflit existe entre les deux sur le montant de la transaction éventuelle.

Du coup, l'histoire deviendrait celle d'un Belge et d'un Canadien. Mais la chute en tout cas, n'est pas encore écrite, et la transaction ne devrait de toute façon pas être bouclée avant début 2019 - au plus tôt.

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