La firme AnsaldoBreda pourrait dérailler à cause de la fin du Fyra

Le siège d'AnsaldoBreda
Le siège d'AnsaldoBreda - © Archive RTBF

L'annulation du contrat entre la SNCB et AnsaldoBreda constitue un nouveau coup dur pour le constructeur italien des trains à grande vitesse Fyra. Entre ses résultats financiers inquiétants, la recherche d'un repreneur et l'incarcération du président de la maison-mère, les mauvaises nouvelles s'accumulent.

Le service de trains Fyra, reliant Bruxelles à Amsterdam et mis en place en décembre dernier, avait rapidement connu une succession de problèmes techniques jusqu'à sa suspension le 17 janvier. Vendredi dernier, le conseil d'administration de la SNCB, rapidement suivi par les chemins de fer néerlandais (NS), a décidé de casser le contrat conclu avec le constructeur italien AnsaldoBreda et de lever la garantie bancaire couvrant les avances de 37 millions d'euros. Des analyses ont révélé des "lacunes fondamentales" dans la conception des trains, selon deux consultants externes.

"Consterné" et "déçu", le constructeur italien rejette ces accusations "avec fermeté". Il rappelle qu'il a obtenu les certifications nécessaires à la mise en service du Fyra et précise qu'il évaluera toutes les actions nécessaires "pour protéger ses intérêts et défendre son image au niveau international". Il tient d'ailleurs une conférence de presse ce jeudi après-midi.

AnsaldoBreda ne laissera donc pas cette histoire sans suite. Car la perte des contrats et les éventuels dédommagements pourraient aggraver les difficultés financières de la société.

Sur son site internet, AnsaldoBreda vante 150 ans d'expérience dans le secteur du matériel roulant ferroviaire. Filiale du grand groupe italien Finmeccanica, spécialisé dans la construction de matériel technologique, la société est née en 2001 de la fusion d'Ansaldo Trasporti et de Breda Costruzioni Ferroviarie.

Elle emploie environ 2.400 personnes à Pistoia en Toscane, Naples, Reggio Calabria, Palerme mais également en Espagne et aux Etats-Unis. La société a notamment conçu des trams, des métros et des trains qui sillonnent plusieurs régions d'Italie. Elle a également récemment mis en service le tout nouveau "Frecciarossa1000", une grande fierté pour AnsaldoBreda. Le train à grande vitesse "le plus rapide d'Europe", précise d'ailleurs la société sur son site internet.

Problèmes de trésorerie

Mais depuis le début de la crise économique, le groupe Finmeccanica, dont l'Etat italien est le principal actionnaire avec 30,2% du capital, est confronté à d'importants problèmes de trésorerie. L'année dernière, il a enregistré une perte nette de 828 millions d'euros, contre 2,3 milliards en 2011, selon les médias italiens. Et les démêlés judiciaires de son président s'ajoutent à ce contexte économique difficile. Giuseppe Orsi est incarcéré depuis le mois de février, soupçonné de corruption internationale pour la vente d'hélicoptères en Inde en 2010, lorsqu'il dirigeait la filiale AgustaWestland, le fabricant des hélicoptères Agusta de l'armée belge.

Pour renflouer les caisses, Finmeccanica envisage donc de vendre certaines de ses filiales, dont AnsaldoBreda. Appelé le "grand malade" par le journal économique italien "Il Sole 24 Ore", le constructeur du Fyra n'a cependant pas encore trouvé de repreneur.

L'affaire du Fyra pourrait donc ternir son image et sonner le glas de plusieurs centaines d'emplois. Mais également mettre en difficulté plusieurs entreprises de sous-traitance, notamment en Toscane. Selon un syndicaliste interrogé par "Il Sole 24 Ore", 100 entreprises gravitent autour d'AnsaldoBreda en Toscane. Cinq d'entre elles ont d'ailleurs déjà déposé le bilan, en moins de trois ans.


Belga

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