La Fédération des entreprises de Belgique célèbre son 125e anniversaire: qui représente-t-elle?

La Fédération des Entreprises de Belgique va célébrer aujourd’hui le 125e anniversaire de la création (c’était le 13 février 1895) de la première organisation centrale du patronat de Belgique.

Elle comptait alors 185 membres et aujourd’hui la FEB dit représenter environ 50.000 sociétés au travers des fédérations sectorielles qui, elles, sont membres de la FEB. Il y en a une quarantaine. Exemple concret : la construction, l’industrie technologique ou encore le commerce.

Un exemple d’entreprise membre d’une de ces fédérations : FIB, que dirige René Brenders. Pour lui, une fédération professionnelle, c’est deux piliers. "Un pilier de services aux membres, de développement de services en fonction de la capacité des membres à exposer les défis devant lesquels ils se trouvent, auquel cas la Fédération n’a peut-être pas la réponse immédiate, mais peut, avec l’effet de masse, activer les recherches des ateliers pour répondre à vos questions. Et d’autre part, c’est également elle qui est un peu votre radar par rapport à l’évolution des nouveaux défis de demain, qu’ils soient maintenant des législations européennes, des législations sur le travail, des nouvelles méthodologies de travail ou d’outils de travail. C’est en fait un centre d’expertise et un centre de compétences".

René Branders sait de quoi il parle, il est président d’Agoria, la fédération patronale de l’industrie technologique, et il est également membre du comité stratégique de la FEB. Ce sont des mandats gratuits.

A l'écoute du terrain

René Branders conçoit l’apport des chefs d’entreprise dans cette dernière instance. "Ce qui est important comme chef d’entreprise, c’est d’apporter les témoignages du terrain pragmatiques par rapport à la FEB, que je pense être une magnifique organisation, mais qui doit aussi pouvoir récolter et qui est à l’écoute de témoignages du terrain".

La FEB est un lobby politique évidemment, côté technocratique dans son expertise, d’où l’importance de faire remonter les préoccupations des chefs d’entreprise sur le terrain.

Alexis Descampe, cofondateur et CEO du réseau coopératif Färm - entreprise de distribution alimentaire de détail, 12 magasins affiliés, 150 collaborateurs, 25 millions d’euros de chiffre d’affaires - n'est pas membre de Comeos, la fédération patronale du secteur de la distribution et n'est donc pas membre de la FEB non plus.

Alexis Descampe explique : "À la base, ce n’est pas vraiment un choix. Comeos s’est fort associé à la grande distribution classique, donc la plupart des grandes enseignes belges en sont membres et nous considérons notre projet comme une alternative à la grande distribution, une autre proposition de valeur pour les consommateurs, et ça ne nous semblait pas forcément tout à fait pertinent d’en faire partie, bien que ce genre de fédération offre beaucoup de services pour ses membres".

Regard différent porté sur le monde de la distribution

"C’est clair qu’on veut se distinguer de ces modèles-là, sans jeter les bonnes pratiques professionnelles qu’elles mettent en œuvre. La finalité de notre point de vue est fondamentalement différente, donc c’est vrai que c’est une façon idéologique de s’en distinguer et de s’assurer qu’on trace notre propre route en limitant les risques de tomber dans les travers des pratiques classiques du secteur, dont certaines sont quand même extrêmement questionnables en termes d’impact sociétal", explique Alexis Descampe.

C’est la logique de ce qu’on a appelé l’année passée la coalition Kaya, qui plaide pour une économie respectueuse des limites planétaires. Un message, c’est vrai, qui a parfois du mal à se frayer un chemin dans les organisations patronales classiques, comme la Fédération des entreprises de Belgique, et d’autres fédérations professionnelles.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK