La dégressivité accélérée des allocations chômage inquiète les CPAS

Le gouvernement fédéral a présenté le 24 juillet dernier son "accord pour l'emploi". Parmi les différentes mesures, une nouvelle réforme du chômage. Elle prévoit notamment une dégressivité accélérée des allocations pour la deuxième période d'inactivité : pour favoriser la recherche d'un emploi, une personne licenciée recevrait des allocations plus élevées dans un premier temps, et la baisse de celles-ci vers un montant forfaitaire serait ensuite plus rapide.

Cette dégressivité accélérée inquiète particulièrement les CPAS. "Quelle va être sa durée ? Quelle va être son intensité ? Nous attendons donc des réponses" s'interroge ce jeudi Alain Vaessen, le directeur général à la fédération des CPAS, invité du Plus de Matin première. "Les effets à ce stade-ci sont difficiles à établir avec précision [...] On n’a pas encore d’informations précises."

Le nombre de personnes aidées par les CPAS a augmenté de 27% ces cinq dernières années. Les centres publics craignent que cette mesure n'augmente encore ce chiffre.

Les chômeurs qui pourraient être touchés par cette dégressivité accélérée seraient éventuellement amenés à demander une aide complémentaire au CPAS s’ils ont moins qu’aujourd’hui. C’est donc particulièrement important. 

Alain Vaessen rappelle : "C’est d’autant plus important qu’aujourd’hui, les allocations de chômage et les allocations sociales de façon plus générale, qu’elles soient au niveau du chômage ou des CPAS, se situent déjà en dessous du seuil de pauvreté".

Alain Vaessen "tire un signal d'alarme" : "attention que ceci ne vienne pas amener une charge supplémentaire par rapport au travail actuel". Il a dressé la comparaison avec les mesures de fin de droit mises en place en 2015 : "40 000 personnes avaient été exclues du chômage. Depuis 2015, au niveau des CPAS, on a enregistré 18 000 personnes en plus. Il est donc évidemment difficile de ne pas voir un parallélisme entre cette diminution progressive du nombre de personnes au chômage et cette augmentation du nombre de personnes qui viennent au CPAS.

Les CPAS souhaitent en savoir plus sur ce mécanisme de dégressivité et demandent une concertation dans le dossier. 

 

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