La CSC voit toujours "d'importants problèmes" dans la loi Peeters

La CSC voit toujours "d'importants problèmes" dans la loi Peeters
La CSC voit toujours "d'importants problèmes" dans la loi Peeters - © JASPER JACOBS - BELGA

Le syndicat chrétien voit toujours "d'importants problèmes" dans le projet de loi du ministre de l'Emploi Kris Peeters sur la flexibilisation du travail, présenté vendredi aux partenaires sociaux. Pour la CSC, les mesures avancées font des travailleurs "une marchandise à faible coût". De son côté, la FGTB ne veut pas d'un travail soutenable qui soit synonyme de "travailler plus, plus longtemps et de manière plus flexible". La CGSLB regrette, quant à elle, le timing du ministre, la période estivale rendant plus difficile l'examen des textes et leur négociation par les partenaires sociaux.

Parmi les problèmes pointés, la CSC dénonce la possibilité pour les employeurs d'annualiser unilatéralement la durée du travail et/ou relever le nombre d'heures supplémentaires que l'on peut accumuler avant de pouvoir bénéficier de repos compensatoire à 143 heures.

"La CSC lit que les secteurs ont jusque fin 2016 pour conclure une CCT sur ces questions. On peut déjà prédire que dans de nombreux secteurs, les employeurs vont adopter une attitude attentiste, conscients que la loi sera de toute manière mise en oeuvre le 1er janvier 2017", indique-t-elle.

"Cette mesure vient s'ajouter à une série d'autres mesures gouvernementales qui accroissent encore la pression sur un marché du travail tendu", poursuit la CSC. "Ainsi, les étudiants pourront dorénavant travailler encore plus (par la transposition de 50 jours en 476 heures, soit 9,5 heures par jour) sans ouvrir aucun droit à la sécurité sociale et les personnes qui ont déjà un emploi pourront encore avoir un revenu d'appoint par le biais des flexi-jobs dans l'horeca ou par le biais de l'économie participative commerciale."

Le système de la durée du travail est "inacceptable", juge la FGTB

"Même si l'on crée l'impression de tendre vers un équilibre entre les intérêts des employeurs et ceux des travailleurs, l'ensemble ne donne nullement ce résultat, que du contraire", dénonce, de son côté, la FGTB, qui constate que si les premiers en tireront profit, ce ne sera pas le cas des seconds.

Le système de la durée du travail est "inacceptable", fustige le syndicat socialiste. "Il ouvre la porte toute grande à une hyperflexibilité et à une augmentation de la charge de travail. Aucune mesure innovante n'est proposée pour alléger la charge de travail ou rendre la carrière ou le travail plus soutenables."

La FGTB constate en outre que, "dans toute une série de cas, la concertation sociale est mise sur la touche parce qu'à défaut d'accord en commission paritaire, une CCT d'entreprise pourrait être conclue ou l'on pourrait passer tout simplement par le règlement de travail". Le syndicat va à présent consulter ses militants et les travailleurs avant de s'exprimer de façon définitive sur ce dossier.

Outre le timing du dépôt des textes, la CGSLB, quant à elle, s'étonne que ceux-ci "contiennent plus de dispositions relatives au travail maniable qu'au travail faisable". "Le contraste avec une meilleure combinaison vie privée/vie professionnelle ainsi qu'une fin de carrière tenable est assez frappant", dit-elle encore.

"Une annualisation imposée de la durée de travail, ainsi que le nouveau crédit de 100 heures supplémentaires, sont des mesures qui ne vont certainement pas dans la bonne direction", pointe le syndicat libéral, qui estime également que la formation est fondamentale dans un marché du travail en évolution permanente. "Dans l'avant-projet, il est question d'un rôle important pour les secteurs. Nous déplorons cependant l'absence de mécanisme de sanction, de même que le fait que les entreprises comptant moins de 10 travailleurs sont exclues de ce droit."

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