La croissance ralentie en Europe annonce-t-elle une récession?

La croissance ralentie en Europe annonce-t-elle une récession?
La croissance ralentie en Europe annonce-t-elle une récession? - © DANIEL ROLAND - AFP

Récession ou pas récession ? Cette question préoccupe beaucoup d’économistes pour le moment. Pour Alain Durré, fonction d’économiste en chef de Goldman Sachs en France, il n’y a à ce stade pas de risque imminent de récession en Europe, en dépit du ralentissement net de la croissance économique qui touche en particulier l’industrie manufacturière et en Allemagne. "Le risque de récession vient essentiellement du risque de contagion de ce ralentissement dans l’industrie manufacturière vers les services, où là on rentrerait dans un autre régime de croissance", explique-t-il.


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Pour Goldman Sachs, le risque est encore limité pour deux raisons. "La première raison, c’est que la demande intérieure en Allemagne — et dans le reste de la zone euro aussi — est soutenue par une croissance plus forte des salaires et par des conditions financières encore extrêmement généreuses qui concourent à maintenir le pouvoir d’achat, précise Alain Durré. Et même si on voit le taux d’épargne remonter dans la plupart des pays, on a quand même une partie de ce gain de pouvoir d’achat qu’on n’avait pas l’année dernière qui est dépensier et qui soutient la consommation des ménages."

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C’est la bonne nouvelle : les consommateurs soutiennent la croissance économique. La consommation est d’ailleurs un gros moteur. En Belgique par exemple, les dépenses de consommation finale des particuliers étaient tout de même de 230 milliards d’euros en 2018, c’est un peu plus que la moitié du produit intérieur brut. Mais cet optimisme sera-t-il encore de mise si d’aventure le Royaume-Uni quitte l’Union européenne sans accord le 31 octobre ? C’est en tout cas un risque. Si le Royaume-Uni sort sans accord de l’Union européenne, la croissance économique pourrait chuter non seulement au Royaume-Uni, mais également en Europe.
"On considère qu’un Brexit sans accord, sur les trois années qui suivraient cet événement, pourrait faire baisser le niveau du produit intérieur brut de la zone euro de 1% en cumulé sur trois ans. Ce n’est donc pas négligeable", admet Alain Durré.


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L’économiste identifie un deuxième risque important : les fameux tarifs américains, une hausse éventuelle des taxes américaines sur un secteur clé de l’économie allemande, l’automobile. Quant aux krachs boursiers, fréquents en octobre, les banques centrales feront tout pour les éviter. "Les banques centrales ont pris pour leur compte un objectif implicite de stabilité financière, explique Alain Durré. C’est un élément rassurant, c’est-à-dire qu’elles ne vont pas laisser dérailler les marchés à mon avis, au risque d’avoir une forte récession. Il ne faut pas sous-estimer leur capacité d’innovation en cas de besoin."

 

Cette innovation a notamment vu l’arrivée des taux d’intérêt négatifs à la Banque centrale européenne. À ce propos, Goldman Sachs estime possible une, voire deux nouvelles baisses des taux de la BCE. Pour les épargnants, ça veut dire concrètement qu’il n’y a quasiment aucun espoir de retrouver des taux d’intérêt en toute petite hausse avant au moins 2022.

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