La crise va "changer profondément" nos économies, l'Europe en "excellente position", selon Christine Lagarde

La présidente de la BCE CHristine Largade à Francfort, le 30 avril 2020
La présidente de la BCE CHristine Largade à Francfort, le 30 avril 2020 - © Daniel ROLAND

La crise économique engendrée par la pandémie de Covid-19 va "changer profondément" l'économie mondiale, vers plus d'écologie, de numérisation et dans les modes de travail, et l'Europe est en "excellente position", a estimé samedi la présidente de la BCE Christine Lagarde.

Cette crise "va être une accélération de transformations qui étaient déjà latentes dans nos économies", a prédit la présidente de la Banque centrale européenne, présente en visioconférence aux rencontres économiques d'Aix-en-Seine à Paris.

"En fabrication, en travail, en commerce, ce que nous venons de vivre va accélérer les transformations et va entraîner probablement une évolution vers un mode vie plus soutenable et plus écologique", a-t-elle ajouté.

Augmentation de la robotisation

Elle a notamment évoqué le télétravail, qui va "transformer les modes de fonctionnement de l'ensemble des salariés", au moins des pays développés, et "l'accélération de la numérisation, dans les services ou l'automatisation dans les industries".

"On estime en ce moment que la crise devrait entraîner une contraction des chaînes d'approvisionnement de l'ordre de 35% et une augmentation de la robotisation dans les industries de l'ordre de 70 à 75%", a indiqué Mme Lagarde.

Par ailleurs, du fait du confinement qui a concerné au même moment la majorité des habitants de la planète, le commerce en ligne s'est fortement développé.

Cette évolution devrait encore s'accélérer à l'avenir "au détriment du commerce plus traditionnel", a-t-elle ajouté.

Face à ces transformations, "l'Europe est en excellente position pour prendre cette transition en marche", a-t-elle jugé. Le continent "héberge déjà le plus vaste secteur d'économie circulaire et d'innovation écologique au monde", a noté Mme Lagarde, ajoutant que l'euro était la première monnaie utilisée pour l'émission d'obligations vertes.

Elle a toutefois estimé que cela ne serait "pas suffisant" et qu'il faudrait mettre en place "un cadre de politique économique qui permette de mobiliser les financements" nécessaires.

Christine Lagarde, la directrice de la Banque Centrale Européenne, le 26 juin (anglais)

Traduction de Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne :

  "Nos prévisions actuelles pour la zone euro, que nous venons de publier en juin, font état d'une chute du PIB d'environ 16 % sur deux trimestres. C'est donc la plus forte et la plus profonde jamais enregistrée en dehors des périodes de guerre". -

  "Nous avons probablement passé le point le plus bas et je dis cela avec une certaine appréhension, car bien sûr, il pourrait y avoir une deuxième vague sévère si nous apprenons quelque chose de la grippe espagnole, qui ne venait pas du tout d'Espagne. La deuxième vague de grippe espagnole a été bien pire que la première. Mais c'était l'après-guerre immédiat, avec un niveau de compréhension différent de la situation. Nous pouvons donc espérer que nous avons passé le point le plus bas et que nous aurons tiré les leçons de ce que nous venons de vivre". -

  "Cette reprise va être incomplète. Et elle pourrait être transformationnelle et incomplète. Tout le monde l'appréciera parce que nous ne voyagerons pas autant, parce que nous fonctionnerons différemment. Les secteurs du transport aérien, de l'hôtellerie et du divertissement vont sortir de ce processus de reprise sous une forme différente. Et certains d'entre eux seront probablement irrémédiablement touchés, mais ce sera aussi transformationnel, car certaines industries découleront de ces changements".

 

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