La crise ukrainienne fait chuter la Bourse, à Moscou et ailleurs

Illustration: la Bourse de Moscou
Illustration: la Bourse de Moscou - © Archive ALEXANDER NEMENOV - BELGAIMAGE

La montée de la tension internationale autour de l'Ukraine provoque déjà des réactions sur les marchés. La Bourse de Moscou creusait nettement ses pertes lundi après-midi, les investisseurs paniquant face aux conséquences d'une possible intervention militaire russe en Ukraine pour l'économie russe déjà chancelante.

Les deux indices de la place financière moscovite, le Micex et le RTS, plongeaient respectivement de 11,52% et 13,11% vers 12H30 GMT.

Le titre de la banque semi-publique Sberbank lâchait à la même heure 17,12% et celui du géant Gazprom, qui tire une grande partie de ses bénéfices de ses exportations vers l'Europe, 14,41%.

Le premier producteur de gaz naturel au monde est aussi le principal fournisseur de l'Ukraine, à qui il avait accordé une baisse de prix de 30%, sur laquelle il peut revenir dès la fin mars.

Le rouble évoluait à des niveaux jamais atteints face à l'euro et au dollar.

Après avoir atteint 51,20 roubles, la devise européenne avait toutefois légèrement reflué et s'échangeait contre 50,32 roubles.

Le dollar, qui a dépassé dans la matinée le seuil des 37 roubles, valait pour sa part 36,56 roubles vers 12h45 GMT.

Les marchés financiers russes, déjà fragilisés depuis de nombreuses semaines par la politique monétaire des Etats-Unis ainsi que la crise ukrainienne, ont littéralement paniqué avec les menaces ce week-end d'une intervention militaire russe en Ukraine et celles de sanctions occidentales, qui risquent d'affecter les relations commerciales de la Russie avec ses partenaires.

La banque centrale russe a annoncé une hausse inattendue de son taux directeur à 7%, contre 5,5% auparavant, en raison de l'apparition de "risques pour l'inflation et la stabilité financière" alors que les marchés paniquent face à l'escalade en Ukraine.

Les marchés tendus partout

Les bourses asiatiques ont toutes terminé dans le rouge, mais sans excès: -1,2% à Tokyo.

L'or progresse de même que le pétrole. C'est logique pour l'or noir vu le rôle-clé tant de la Russie pour la production, que de l'Ukraine pour le transfert du gaz.

L'indice vedette de la bourse belge Bel20 a ouvert dans le rouge lundi matin à la Bourse de Bruxelles, à l'instar des autres places financières dans le monde. Après quelques minutes, le Bel20 affichait une perte de 1,76% à 3.042,31 points. Dix-neuf de ses 20 éléments étaient en perte, emmenés par KBC qui lâchait plus de 3%. Seul D'Ieteren était dans le vert juste après l'ouverture.

De son côté, la Bourse de Paris évolue en forte baisse lundi matin (-1,80%), pénalisée comme l'ensemble des actifs risqués par les craintes d'une aggravation du conflit en Ukraine. A 09H22, l'indice CAC 40 perdait 79,31 points à 4.328,77 points. Vendredi, il avait pris 0,27%.

Pas de véritable précédent

"Cette crise avait déjà eu un premier effet mercredi dernier sur les marchés avec les premières annonces de manoeuvres de troupes en provoquant un mouvement similaire de chute des actions et de détente des dettes souveraines refuges, mais c'est aujourd'hui que l'impact se fait vraiment sentir car la situation a empiré durant le week-end", a souligné Patrick Jacq, un stratégiste obligataire de BNP Paribas.

"Ce qui est compliqué dans cette crise est qu'il n'y pas vraiment de précédent de ce type, donc pas de point de repère pour les marchés qui sont du coup un peu perdus", a-t-il ajouté.

"Dans ce contexte, il faut s'attendre à une période de forte volatilité qui va jouer clairement en défaveur de l'appétit pour les actifs les plus risqués", comme les actions et "les investisseurs vont se réfugier vers les valeurs les moins volatiles" comme la dette allemande, a complété M. Jacq.

"L'escalade des tensions en Ukraine provoque un mouvement défensif sur les marchés", ont aussi résumé les analystes chez Saxo Banque.

Pour Chris Weston, analyste chez IG, "la situation en Ukraine est clairement le thème principal pour les marchés et va prendre le pas sur tout le reste cette semaine". Il prévient qu'il s'agit d'un mouvement de vente important, mais "sans réelle panique".

Vers 09H00 GMT, la Bourse de Paris reculait de 1,48%, celle de Francfort de 2,20% et celle de Londres de 1,13%.

RTBF, avec AFP

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