La compagnie Brussels Airlines se dirige-t-elle vers la faillite ?

La compagnie Brussels Airlines se dirige-t-elle vers la faillite ?

D’après différentes sources, le groupe Lufthansa n’exclurait désormais plus de laisser tomber en faillite sa filiale belge Brussels Airlines ou de s’en débarrasser, rapporte vendredi La Libre. "Pure spéculation", répond Brussels Airlines. Le quotidien tient d’une source interne que la direction de la compagnie devrait rencontrer ce lundi celle de sa maison mère, Lufthansa, une information que personne chez Brussels Airlines ne souhaite confirmer.

Pour rappel, le gouvernement belge et Lufthansa négocient depuis des semaines une aide sous forme (essentiellement) de prêts de l’ordre de 300 millions d’euros. C’est un véritable bras de fer qui s’opère entre l’Etat belge et la compagnie allemande. Avant d’accorder un prêt pour soutenir Brussels Airlines, le gouvernement belge veut des garanties. Il faudrait que les Allemands s’engagent à maintenir l’emploi et surtout qu’ils garantissent l’avenir de Brussels Airlines, notamment son statut de hub basé à Bruxelles. Face à ces demandes, Lufthansa et son patron Carsten Sporh opposent un " Nein " catégorique, pas question pour eux de laisser l’Etat belge s’immiscer dans les affaires de la compagnie.


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Pour rappel, Lufthansa, en difficulté à cause de la crise du Covid-19, a déjà dû négocier avec les autorités allemandes pour être sauvée. Pour éviter la faillite du transporteur aérien, l’Etat allemand a marqué son accord sur un paquet de mesures pour un montant total de 9 milliards d’euros. En échange, l’Etat allemand a obtenu, notamment, une participation de 20% dans la compagnie et des sièges au conseil de surveillance de la compagnie.

Il semble actuellement peu probable que le gouvernement belge obtienne des garanties de ce type en échange d’une aide octroyée à Brussels Airlines, tant pour les Allemands de Lufthansa, cela est non-négociable.

La faillite de Brussels Airlines ne serait plus un tabou

C’est dans ce contexte que le spectre de la faillite pour Brussels Airlines ressurgit. De sources RTBF, il apparaît que le mot " faillite " n’est plus un tabou dans les discussions.

Entre-temps, la situation financière semble s’être aggravée. Ce ne serait plus 300 millions qu’il faudrait pour sauver Brussels Airlines, mais 400 millions, de sources RTBF. Ces 400 millions permettraient de faire fonctionner la compagnie, mais cela ne garantirait pas qu’elle ne tombe pas en faillite dans quelques mois.

La dette de Brussels Airlines pourrait, par ailleurs, grimper à 1 milliard d’euros en 2023, ce qui serait un fardeau insupportable pour la compagnie basée à Bruxelles et pour Lufthansa.

La faillite pourrait donc être une option, même si, officiellement Lufthansa continue de s’accrocher à sa filiale belge. Il ne serait pas question de mettre en faillite ni de céder la compagnie à un tiers. " Il n’y a aucun plan pour vendre Brussels Airlines ", déclare Andreas Bartels, le chef de la communication du groupe allemand, à La Libre. "Nous espérons que nous pourrons trouver un accord avec l’État belge ", poursuit-il. Lundi, le patron de Lufthansa, Carsten Sporh sera présent à Bruxelles.

Parallèlement aux négociations avec l’Etat belge pour l’obtention d’un prêt, d’autres négociations en cours sont aussi essentielles à la survie de Brussels Airlines : celles relatives au plan de restructuration. La Libre affirme, s’appuyant sur plusieurs sources, que s’il n’y a pas d’accord social entre la direction de l’entreprise belge et les syndicats, Lufthansa laissera sa filiale déposer le bilan.

Or un accord social n’est toujours pas en vue, du côté du personnel de la compagnie, on juge " imbuvables " certaines propositions de la direction. Pour rappel, la Brussels Airlines prévoit de supprimer près de 1000 emplois sur 4000 au total.

 

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