La compagnie aérienne japonaise JAL, écrasée de dettes, implore la compassion de ses créanciers

La première compagnie aérienne japonaise, Japan Airlines (JAL), a demandé vendredi à être provisoirement exemptée de rembourser ses dettes, implorant la bienveillance de ses créanciers en raison d'une situation financière catastrophique due à la crise.

JAL a fait état vendredi de pertes massives pour la première partie de son exercice budgétaire, ce qui l'a conduite à ne pas établir de prévisions annuelles et à solliciter des mesures d'exception.

En raison d'une chute de 28,8% de ses revenus, JAL a déploré une perte nette de 972 millions d'euros, les répercussions de la crise ayant été amplifiées par des fragilités structurelles.

Du coup, la compagnie, qui affiche un endettement net de plus de 11 milliards d'euros, a demandé vendredi à être temporairement exemptée de rembourser son dû, en attendant de bénéficier d'aides financières publiques et privées espérées. Sa trésorerie est asséchée.

"Depuis que la crise financière a débuté, notre activité a été affectée par la baisse du nombre de passagers d'affaires ainsi que par d'autres facteurs, dont l'émergence de l'épidémie de grippe H1N1", a déploré un dirigeant de JAL, Yoshimasa Kanayama, lors d'un point de presse.

"La situation est très dure et la fin de l'année budgétaire s'annonce du même ordre", a-t-il prévenu.

Pour les six mois d'avril à septembre, les recettes de JAL tirées du transport de passagers ont chuté de 43% sur les lignes internationales par rapport à celles du premier semestre 2008/09, et les rentrées provenant des liaisons intérieures ont régressé de 12%.

"La réduction des voyages professionnels a été particulièrement marquée à cause de la crise", a regretté le PDG Haruka Nishimatsu.

Sur l'activité de fret international, les revenus ont en outre dévissé de 54,9% sur un an.

"Nous réduisons nos dépenses autant que faire se peut", a assuré M. Kanayama, dépité devant les "pires résultats jamais publiés".

De nombreuses lignes exploitées sont déficitaires, et les liaisons rentables ne parviennent plus à couvrir les pertes comme ce fut longtemps le cas auparavant.

"JAL a réagi trop lentement aux événements qui ont mis à mal le secteur aérien depuis plusieurs années", analyse Makoto Murayama, de Nomura Securities.

Selon lui, elle est lestée de fardeaux historiques qui finissent par la mettre à terre, dont la charge des retraites de ses ex-salariés.

JAL doit en effet payer à des taux garantis des rentes à son ancien personnel, mais les fonds accumulés au fil des ans sont désormais insuffisants.

Faute pour la compagnie de trouver un accord à l'amiable avec ses retraités, le gouvernement menace de légiférer pour alléger les frais, au détriment des bénéficiaires.

L'ex-compagnie publique, privatisée en 1987, est de facto quasiment retombée depuis quelques semaines sous tutelle publique.

Le gouvernement japonais cherche actuellement des solutions pour la maintenir en vie, estimant son sauvetage essentiel à l'économie japonaise et à l'image du Japon.

"60% des avions qui sillonnent le ciel nippon sont immatriculés JAL", se plaît à souligner le ministre des Transports, Seiji Maehara.

Après avoir pris conseil auprès d'experts, il a confié le suivi de ce lourd dossier à un nouvel organisme semi-public de redressement des entreprises, l'Etic.

L'actuel PDG Haruka Nishimatsu, a pour sa part rejeté pour l'heure les appels à la démission plus ou moins déguisés.

"Je ressens une lourde responsabilité dans ce qui arrive. Mais actuellement, il y a des tâches à réaliser. Je dirai ensuite ce qu'il me semble bon de faire me concernant", a-t-il tranché.


AFP

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