La centenaire Panasonic rajeunit ses produits

Le magnétoscope aura été le produit-phare de Panasonic. En tant que jeune entraîneur en 2001, Michel Preud'homme en faisait un bon usage.
Le magnétoscope aura été le produit-phare de Panasonic. En tant que jeune entraîneur en 2001, Michel Preud'homme en faisait un bon usage. - © Tous droits réservés

Vieille dame de l'industrie japonaise, Panasonic fête ses cent ans en ce mois de novembre, se souvient et se prépare au siècle suivant. Le premier produit électrique domestique de Konosuke Matsushita, le créateur en 1918, aura illuminé la première partie d'existence de l'entreprise: une ampoule électrique à deux douilles.

Panasonic a participé à l'essor de l'industrie japonaise de l'électronique et de l'électro-ménager dans les années quatre-vingts, avec Sony, Toshiba, Hitachi...Après les radiocassettes en acier des années septante, voici les téléviseurs, les appareils photos, les fax, les copieurs, les baladeurs, les ordinateurs portables et surtout, pour Panasonic: les magnétoscopes, importante source de revenus en 1984, pour des bénéficies opérationnels, cette année-là, de quatre milliards quarte cent millions d'euros.

Un fauteuil sensoriel

Manque d'anticipation? Organisation du travail trop rigide, trop conventionnelle? La concurrence (notamment les Coréens et les Chinois) grignote des parts de marchés, innove, rejoint et dépasse même les géants japonais. Au début du siècle, Panasonic attaque le peloton des géants de l'industrie avec l'écran plat, mais il est dit que l'électro-ménager et l'électronique ne feront plus partout la fortune du Japonais.

Dans quelques parties du monde, Panasonic abandonne les téléviseurs et les appareils électro-ménagers. Et se fixe de nouvelles orientations, visant plutôt les services aux entreprises que des produits à destination du grand public. Des exemples? Panasonic a créé un pôle auto en vue de fabriquer des batteries, notamment pour Tesla et d'investir un milliard et demi d'euros dans l'entreprise d'Elon Musk.

Ses activités en recherche et développement touchent aussi la robotique domestique et en agriculture ou des capteurs sensoriels, comme sur ce fauteuil qui permet de conclure si vous êtes calmes ou nerveux, tendus ou décontractés.

La voix des travailleurs

À l'heure actuelle, Panasonic emploie 273.000 personnes, une entreprise très hiérarchisée, à l'image de la société japonaise elle-même. Assez conventionnelle, cette organisation en silos n'aurait-elle pas coûté quelques retards dans la recherche? "Chacun a un rôle très précis, commente la représentante de l'Awex (l'Agence wallonne à l'exportation et aux investissements étrangers) à Tokyo.

"Dans une entreprise japonaise, le poids des employés par rapport aux actionnaires et par rapport à la direction est beaucoup plus équilibré que dans d'autres pays. Ils ont une voix plus importante dans la discussion. Il va de soi qu'il revient à la direction de fixer les ambitions, les objectifs, les trajectoires, mais tout cela est basé sur les analyses de terrain. Et c'est la direction qui donne l'impulsion, poursuit Claire Ghyselen. Quand la décision est prise, tout va très vite, tout le monde bouge en même temps. Il y a un côté un peu rigide et lent dans la prise de décisions, mais une fois qu'elles sont prises, ça part en un éclair."

Comme les grands groupes, Panasonic s'interroge sur ce qu'elle sera et ce que sera la société dans cinquante et dans cent ans. "Ils ont les moyens de s'y préparer", conclut la représentante de l'Awex à Tokyo.

Un centenaire fêté par un salon, qui s'est tenu à Tokyo le 31 octobre

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