La Belgique peut-elle devenir un centre d'innovation pour l'industrie musicale ?

Terre riche en festivals, la Belgique peut-elle devenir un centre d’innovation et d’entrepreneuriat pour l’industrie musicale ? Le Wallifornia MusicTech se tient en ce moment à Liège jusqu’au 8 juillet. Il s'agit de la deuxième édition pour l’événement qui se veut être un point de rencontre entre l’industrie et les entrepreneurs.

Pour les organisateurs, la Belgique a des festivals, des artistes, une position centrale en Europe et de l’innovation technologique. Pourtant, les géants de la musique en ligne comme Spotify ne sont toujours pas rentables. Mais pour Gérôme Vanherf, directeur opérationnel du Fonds d’investissement LeanSquare, force est de constater que Spotify génère de l’innovation.

Le streaming? "Pas la meilleure solution maintenant"

"C’est clairement beaucoup plus facile d’aller chercher des marchés et de l’argent dans des entreprises qu’essayer de toucher des millions de consommateurs pour être rentable", explique Gérôme Vanherf. "Le cas de Spotify est criant. Je ne pense pas que le streaming serait la meilleure solution maintenant. Par contre, amener des services au service de ces streamodes ou pour aider les organisateurs de festivals, là il y a vraiment beaucoup plus de choses à faire. Parce qu’il y a vraiment une demande", ajoute-t-il.

Aujourd’hui, celui qui veut lancer une start-up liée à l’industrie musicale a plutôt intérêt à s’adresser aux entreprises qu’au grand public. Ou viser en tout cas autre chose que le volume de consommation de musique . Par exemple, pourquoi ne pas développer un algorithme de suggestions musicales, des systèmes de paiement électronique dans les festivals ou une plateforme qui permet de tracer l’historique des guitares et de déclarer - par exemple - le vol de sa Gibson favorite. C’est ce que fait ZikMe, une start-up de Louvain-la-Neuve.

Dans ce cas, c'est quand même une start-up qui s'adresse aux particuliers. Mais ce sont surtout les constructeurs de guitares qui payent parce que le développement du commerce des achats en ligne pour les instruments de musique a fait perdre en traçabilité, par exemple pour des guitares haut de gamme.

"Le principal revenu de la start-up est évidemment le travail avec les marques, qui vont avoir la possibilité elles aussi de tracer leurs instruments. Parce qu’elles sont aujourd’hui incapables de dire qui joue avec leurs instruments et de connecter de façon efficace avec leurs utilisateurs," explique Frédéric Dufour, cofondateur de ZikMe.

Ces MusicTech qui s’adressent à d’autres entreprises sont donc dans l’ensemble peu visibles du grand public. Mais l’enjeu pour elles aujourd’hui est surtout de nouer des partenariats avec des gros acteurs de l’industrie musicale.

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