La Belgique, championne de la taxation du travail pour les célibataires, selon l'OCDE

En 2018, la Belgique garde son titre de championne de la taxation sur le travail. C'est ce qui ressort des chiffres publiés dans un récent rapport de l'OCDE. A ce constat, il faut ajouter une nuance: cela concerne une certaine catégorie de la population belge: les travailleurs célibataires En effet, avec 52,7% du coût du travail, notre pays devance l'Allemagne (49,5%) et l'Italie qui complète le podium avec 47,9%. Et toujours dans ce même rapport, la moyenne pour l'ensemble des pays appartenant à l'OCDE, est de 36%.

Ménages et personnes isolées, pas logées à la même enseigne

Autre conclusion marquante de ce rapport: la taxation sur le travail n'est pas la même pour les ménages vivant d'un seul salaire avec deux enfants en charge. Selon les chiffres de l'OCDE, cette moyenne est de 37,3%, ce qui place la Belgique en 7ème position dans le classement des pays membres. "Cette différence entre les personnes isolées et les ménages provient du fait que pour les ménages, on a déduit de la pression sociale et fiscale, les prestations sociales, autrement dit les allocations familiales pour faire le calcul "explique Bruno Wattenbergh, économiste et senior Adviser chez Ernst and Young, cabinet d'audit financier. 

Taxation du travail en baisse

Mais, soulignent les auteurs de cette étude, la taxation sur le travail a baissé l'année dernière, faisant de la Belgique un des rares pays membres de l'OCDE, à avoir diminué ses coûts sur le travail. En 2017, compte tenu des employeurs et des employés, la pression sur le travail s'élevait à 53,8%. Comment expliquer cette baisse? En résumé, un seul mot: le taxshift, ce système crée par le gouvernement Michel visant à favoriser la création d'emplois, via une réduction des charges sur le travail pour les employeurs.

"Au taxshift, il faut ajouter également la modération salariale", précise notre économiste." Le gouvernement Michel a fait en sorte de limiter autant que faire se peut le coût des salaires, notamment en bloquant, cette année, l'indexation automatique des salaires et en modérant les augmentations, ce qu'on appelle la norme salariale."

Pour notre expert, Bruno Wattenbergh, "cette étude de l'OCDE démontre donc que si la Belgique bénéficie d’une des meilleures couvertures sociales du monde, celle-ci a un prix et fait de nous un des pays qui ponctionne le plus le travail. Dans un tel contexte il y a un risque que ce travail soit plus cher pour les entreprises belges que pour les entreprises localisées chez nos voisins. 

Le gouvernement sortant a donc baissé le coût du travail avec le tax shift et la modération salariale. Mais, baisser les ponctions sociales pose de facto la question du financement de la sécurité sociale, surtout avec le vieillissement de la population. Le prochain gouvernement devra donc aborder à la fois la question de ce financement de la sécurité sociale mais aussi celui de l’indexation automatique des salaires."

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