La BCE va-t-elle réussir à relancer l'économie européenne?

Les taux d’intérêt vont-ils encore baisser et quel sera l’impact sur l’épargne ou les crédits des Belges ? Tout dépendra de cette réunion de la Banque centrale européenne ce jeudi.

La plupart des analystes tablent sur une baisse du taux d’intérêt que la BCE applique aux dépôts des banques commerciales. Actuellement, c’est – 0,4% et si les pronostics se confirment ce sera – 0,5%. Autrement dit, les banques pourraient devoir payer un peu plus à la BCE, à la Banque centrale européenne, pour y déposer de l’argent.

Avec cette stratégie, la BCE espère que les banques vont distribuer plus de crédits aux entreprises et aux ménages pour doper la croissance économique. Mais ça ne marche pas, constate de Sylviane Delcuve, économiste sénior chez BNP Paribas Fortis. "Je ne pense pas que ça va avoir un effet énorme. D’abord, on a déjà fait beaucoup depuis maintenant presque 10 ans, ça n’a pas vraiment fonctionné."

Trop d’argent dans le système bancaire

Les banques n’ont pas distribué de crédits dans tous les sens et l’inflation et la croissance économique n’ont pas décollé en Europe. La BCE pourrait donc prendre encore d’autres mesures, dont ce fameux assouplissement monétaire dont on parle depuis des années et mettre encore plus d’argent dans le système bancaire. Mais, en réalité, le problème est qu’il y a déjà trop d’argent dans le système bancaire.

"C’est comme si on avait une baignoire et qu’on avait rempli la baignoire avec de la liquidité, la baignoire est remplie à ras bord. Ajoutez un verre d’eau ou seau d’eau dans la baignoire ne va rien changer à la situation. Aujourd’hui le problème de l’Europe c’est trop de liquidité", explique Sylviane Delcuve.

Le chiffre est astronomique, on compte 1700 milliards d’euros de liquidités en excès dans le système aujourd’hui. Et cet excédent a un impact concret sur la vie des citoyens depuis des années, notamment sur le prix des crédits, qui a chuté notamment pour les crédits hypothécaires, une aubaine bien sûr pour ceux qui veulent acheter leur logement.

Toutes les banques sont noyées sous la liquidité

Mais en même temps, les prix de l’immobilier ont grimpé dans certains endroits. Il peut même y avoir un phénomène de bulle immobilière. Et au passage, la situation de nos banques s’est dégradée.

"Toutes les banques sont noyées sous la liquidité, cette liquidité coûte cher, puisqu’elle est frappée de l’équivalent d’une taxe qui est le taux négatif que la Banque centrale applique aux excédents de liquidités des banques commerciales qui, quand elles n’ont pas l’occasion d’utiliser cet argent à faire des crédits, le dépose sur leur compte à la banque centrale et ce taux est négatif et va probablement devenir encore un peu plus négatif. Donc là, il y a une vraie question sur la viabilité d’une banque dans un environnement pareil", ajoute encore l’économiste.

On l’a vu, cela pose problème pour ceux qui travaillent dans les banques : des milliers de postes de travail supprimés chez ING en Belgique, chez BNP Paribas Fortis, dernièrement KBC. Il y a aussi clairement un impact sur les comptes de la population. Les banques augmentent régulièrement les frais de gestion, alors que la rémunération de l’épargne des Belges est quasi nulle.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK