La BCE va racheter sans limite de la dette des Etats de la zone euro

Mario Draghi
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Mario Draghi - © AFP

La Banque centrale européenne (BCE) va intervenir de manière illimitée sur le marché de la dette des Etats de la zone euro face aux primes de risques élevées réclamées à certains pays, a annoncé jeudi son président, Mario Draghi. Les marchés européens ont accueilli avec beaucoup de bienveillance ces annonces et ont tous clôturé en hausse ce jeudi.

La BCE va lancer un nouveau programme, baptisé "Outright monetary transactions" (OMT), en raison "des perturbations graves observées sur le marché des obligations publiques qui proviennent de craintes infondées de la part des investisseurs sur la réversibilité de l'euro", a déclaré Mario Draghi lors d'une conférence de presse à Francfort.

Ce programme sera soumis à la stricte condition que les Etats qui souhaitent en bénéficier aient auparavant fait appel à l'aide des fonds de secours européens, le FESF, provisoire, et le MES, son futur successeur. Ce qui implique des efforts accrus d'assainissement des finances publiques de la part des pays demandeurs.

Mario Draghi a indiqué que ce nouveau programme, voté à l'unanimité moins une voix du conseil des gouverneurs de la BCE, allait se concentrer sur les obligations de maturité courte et moyenne. "Entre un et trois ans", a-t-il déclaré, précisant que trois ans était "la maturité la plus efficace pour atteindre les objectifs".    

Réactions positives des marchés

Les Bourses européennes ont accueilli très positivement les annonces du président de la BCE. Ainsi à Francfort: le Dax a finit en hausse de 2,91%. Paris l'imitait, enregistrant une hausse de 3% à la clôture.

 La bourse de Milan a, elle, clôturé sur un bond de 4,31% tandis que Madrid finissait sur une hausse de 4,91%.

L'Allemagne opposée au rachat d'obligations d'Etats

Avant la réunion de jeudi, le président de la Banque centrale allemande (Bundesbank) Jens Weidmann s'était fermement opposé au principe des rachats d'obligations d'Etats.

Contrairement au scénario qui avait circulé dans la presse, la BCE ne va pas viser de niveaux spécifiques sur les écarts de taux d'emprunt (spreads) entre les Etats de la zone euro au-delà desquels elle interviendrait en achetant des titres de dette.

"Nous n'avons pas d'objectif d'écart de taux spécifique", a déclaré Mario Draghi. L'écart observé est celui entre les taux d'emprunts des pays de la zone euro et les taux d'emprunt de l'Allemagne, pays qui fait référence dans la zone.

La fin du SMP

Parallèlement à l'annonce de ce nouveau programme, Mario Draghi a sonné la fin du précédent programme de rachat de dette publique, le SMP, lancé en mai 2010 à l'époque de la première crise de la dette grecque.

Etendu l'été dernier pour freiner l'envolée des taux d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie, ce programme de rachat de titres sur le marché secondaire n'avait pas été activé depuis mi-mars.

Le SMP, dont il a toujours été dit qu'il était limité en temps et montant, n'était pas suffisamment efficace. C'était comme "marcher sur une jambe", a expliqué Mario Draghi.

Le SMP totalise des rachats de 209 milliards d'euros, des titres qui seront gardés "jusqu'à maturité", a précisé Mario Draghi.      

Assouplissement des garanties des banques

La BCE va par ailleurs de nouveau assouplir ses critères pour les garanties qu'elle exige des banques de la zone euro en contrepartie des prêts qu'elle leur accorde via ses opérations de refinancement.

Elle va notamment "suspendre l'application d'un seuil de notation financière minimum" pour les garanties exigées ("collatéraux") dans le cas de titres de dette d'Etats membres de la zone euro, selon un communiqué.   

Tout faire pour sauvegarder l'euro, irréversible

Le président de la BCE a réaffirmé que, tout en restant dans le cadre de son mandat, l'institution ferait tout pour sauvegarder l'euro, "qui est irréversible".

Il a toutefois affirmé que les actions de la BCE ne seront pas efficaces "sans actions politiques de la part des gouvernements".

AFP

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