La BCE tente de rassurer, les bourses ont clôturé à la baisse

Une photo prise le 9 juillet 2012 montre le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi
Une photo prise le 9 juillet 2012 montre le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi - © Thierry Charlier

La Banque centrale européenne (BCE) est prête à intervenir sur le marché de la dette, face aux taux d'emprunt "inacceptables" que doivent consentir certains pays de la zone euro et qui empêchent la bonne transmission de sa politique monétaire, a déclaré jeudi son président Mario Draghi. Des déclarations qui n'ont pas rassuré les marchés qui se sont tous affaissés.

"L'euro est irréversible" a également déclaré une nouvelle fois ce jeudi le président de la Banque centrale européenne (BCE).

"Les gouvernements doivent continuer les efforts de consolidation budgétaire, de réformes structurelles pour améliorer la compétitivité et de réformes institutionnelles au niveau européen", a-t-il ajouté.

Selon Mario Draghi, la BCE est prête à de nouvelles mesures exceptionnelles contre la crise et à intervenir sur le marché obligataire. "La décision de tout faire pour préserver la zone euro a été prise à l'unanimité", a-t-il fait savoir lors d'une conférence de presse à Francfort.

Les déclarations du président de la BCE soutenaient la monnaie unique qui passait dans la foulée au-dessus du seuil de 1,24 dollar, pour la première fois depuis le 6 juillet.

La BCE "peut entreprendre des opérations sur le marché obligataire d'une taille adéquate pour atteindre son objectif", a encore déclaré Mario Draghi, appelant toutefois les gouvernements à se préparer à faire intervenir les fonds de secours européens FESF et MES sur le marché obligataire et à poursuivre les mesures d'assainissement nécessaires.

Le taux d'emprunt à 10 ans de l'Espagne au-dessus des 7%

Ces déclarations n'ont pas eu l'effet escompté non plus sur les taux. Le taux d'emprunt à 10 ans de l'Espagne est repassé au-dessus des 7% jeudi après-midi sur le marché obligataire, affecté par le discours de la Banque centrale européenne (BCE) qui a décidé de ne pas agir dans l'immédiat pour apaiser les tensions en zone euro. Peu après 16H30, le rendement, qui évolue en sens inverse du prix, grimpait à 7,082% (contre 6,732% mercredi à la clôture). Quelques minutes auparavant, le taux à 10 ans de l'Italie était repassé au-dessus des 6%.

La Bourse de Madrid perdait plus de 5% jeudi après les déclarations du président de la BCE, Mario Draghi, décevant les marchés qui espéraient des mesures concrètes immédiates de la BCE pour stabiliser la zone euro. L'indice Ibex-35 des valeurs vedettes perdait 5,06% à 13H24 GMT à 6379,7 points.

"C'est surtout le manque de mesures concrêtes qui a provoqué la chute" des marchés, a commenté auprès de l'AFP Alberto Roldan, analyste du cabinet de conseil en investissements Inverseguros. Mario Draghi "a dit qu'il y aurait des mesures mais elles n'ont pas été quantifiées ni définies". "C'est le manque de précisions" qui a déçu, a-t-il poursuivi.

Mais le message du banquier central a pesé sur les marchés financiers qui attendaient des mesures concrètes. Les bourses européennes ont donc terminé dans le rouge. A Francfort, le Dax a perdu 2,2%. Le CAC 40 a baissé de 2,68% à Paris. A Amsterdam, la perte de l'AEX a été limitée à 1,7%.      

Les pertes ont été plus lourdes dans les pays directement plongés dans la crise financière: la bourse de Milan a lâché 4,64% et à Madrid, l'indice a baissé de 5,16%.      

La perte a été de 2,08% à Bruxelles.

La Bourse de New York a ouvert en baisse jeudi, dans le sillage des marchés européens, déçue par les conclusions du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) qui n'ont pas apporté les gages espérés: le Dow Jones perdait 0,22%, le Nasdaq 0,81%.

L'Espagne juge "positive" la déclaration de Mario Draghi

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a jugé jeudi "positive" la déclaration du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi sur un éventuel programme d'achat de dette, sans préciser si l'Espagne allait demander l'aide du fonds de secours européen.   

"C'est une déclaration positive", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec l'Italien Mario Monti, se bornant toutefois à annoncer qu'il allait "voir quelles sont les mesures" exceptionnelles annoncées par Mario Draghi et refusant de répondre à une question sur un éventuel sauvetage.

RTBF avec agences

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