L'Unessa souhaite rendre la profession d'infirmier à nouveau attractive

L’Unessa souhaite rendre la profession d’infirmier à nouveau attractive
L’Unessa souhaite rendre la profession d’infirmier à nouveau attractive - © DIRK WAEM - BELGA

Alors qu’elle se félicite de la suspension des Arrêtés royaux permettant que les infirmiers puissent être remplacés par du personnel de santé non-infirmier et leur réquisition en cas de nécessité en période de Covid-19, la Fédération de l’aide et des soins aux personnes Unessa demande néanmoins aux autorités de s’attaquer au problème du manque de personnel infirmier. L’organisation exige, pour cela, un plan structurel et concerté.

"Il est temps de prendre des mesures décisives pour attaquer le problème du manque de personnel infirmier à la racine et renforcer la pérennité financière du secteur. Nous demandons dès lors : un plan structurel pluriannuel, concerté et ambitieux pour restaurer l’attractivité de la profession d’infirmière/er, une décision définitive du fédéral quant à l’utilisation du fonds blouses blanches en faveur de la dotation infirmière, à traduire dans le financement des hôpitaux via le BMF pour augmenter le cadre soignant, et une concertation accrue avec les autorités compétentes et les partenaires sociaux pour dégager rapidement toutes les solutions voulues", estime le directeur général d’Unessa, Christophe Happe.


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L’organisation indique qu’en moyenne un infirmier belge prend en charge à l’hôpital 9,4 patients, contre 8 dans l’ensemble de l’Europe, "avec les risques que l’on imagine sur la qualité des soins et l’état de stress généré chez les soignants". Le nombre d’infirmiers a augmenté ces dix dernières années, mais il reste insuffisant pour faire face à la croissance des besoins, selon la fédération.

Ces conditions difficiles entraînent un manque d’attractivité dans l’opinion publique. "La crise du coronavirus a sans doute apporté une reconnaissance méritée et légitime aux infirmières/ers, mais à quel prix ! Et peu de chance que celle-ci suscite suffisamment de vocations pour regonfler les effectifs…", selon l’Unessa.

Par ailleurs, l’Unessa affiche sa satisfaction à la suite de la suspension des deux Arrêtés royaux ayant soulevé la colère des infirmiers du pays.

Pour la fédération, il faut maintenant s’attaquer aux racines du manque de personnel infirmier avec des mesures structurelles et concertées.