L'opération de rachat de dette grecque est lancée dans l'incertitude

La Grèce retient son souffle alors que débute l'opération de rachat de la dette
La Grèce retient son souffle alors que débute l'opération de rachat de la dette - © AFP PHOTO/ LOUISA GOULIAMAKI

Depuis ce lundi 3 décembre, les investisseurs privés sont appelés à participer à l'effort en vue de réduire le poids de la dette grecque. Le gouvernement grec est prêt à en racheter une partie tout de suite, bien sûr à prix cassé. L'idée est d'alléger le poids de cette dette sur les finances grecques. C'est une exigence du fonds monétaire international.

Les investisseurs privés pourront récupérer tout de suite une partie de ce que leur doit encore la Grèce alors que certains emprunts courent pourtant jusqu'en 2042. Le prix d'achat devrait varier entre 30 et 40% de la valeur réelle de cette dette. En clair, la Grèce va dépenser 10 milliards pour racheter une dette qui vaut en fait 30 ou 40 milliards. C'est une exigence du Fonds monétaire international qui ne veut plus prêter de l'argent à la Grèce si une bonne partie des efforts grecs et des prêts internationaux ne servent en fait qu'à payer cette gigantesque dette. 

Mais il reste des inconnues. Les créanciers privés, les banques, les compagnies d'assurance, etc, ont déjà accepté de perdre plus de la moitié de leur créance sur la Grèce, l'an dernier. Certains ne veulent plus entendre parler de nouvelles coupes.
 
Les banques grecques aussi détiennent pas mal de dette grecque. Elles sont déjà très fragiles, cette opération pourrait les déstabiliser complètement.
 
Et puis certains des créanciers privés s'agacent de voir des créanciers publics cette fois, les Etats membres, la Banque Centrale et le Fonds monétaire international, ne pas être soumis au même effacement de dette. Les créanciers publics ont cependant accepté la semaine dernière de rallonger la durée des prêts consentis à Athènes et de baisser les taux d'intérêt. Ils ont aussi rallongé la période de grâce durant laquelle la Grèce ne doit rien rembourser.
 
Tout cela devrait, disent les Européens, rendre la charge de la dette supportable à l'horizon 2020 sinon le FMI reviendra à la charge pour exiger que les Européens laissent tomber une partie de leur créance. Angela Merkel freine des quatre fers, en tout cas, avant les élections législatives allemandes prévues en septembre 2013.
 
Anne Blanpain
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