L'investissement socialement responsable a la cote en Belgique

L’investissement socialement responsable a la cote en Belgique
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Les Belges sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à l’investissement socialement responsable. En 2018, l’essor de ce type d’investissement est indéniable avec un montant total de 42,8 milliards d’euros soit 30% de plus qu’en 2017.

Mais de quoi s’agit-il vraiment ? "Un fonds d’investissement socialement responsable est un fonds qui, au-delà de critères financiers, va sélectionner des entreprises ou des États dans lesquels il va investir selon des critères extra-financiers, c’est-à-dire des critères liés à l’environnement, liés à des aspects plus sociaux ou à des aspects de bonne gouvernance des entreprises", précise Charlène Provost, chargée de projet chez Financité.

C’est véritablement depuis 2016 sous l’impulsion de toute une série de banques que l’investissement socialement responsable (ISR) décolle vraiment, comme l’explique Charlène Provost. "On voit que le marché des produits ISR est quand même fortement concentré chez quelques acteurs — KBC, Candriam, NN Investment ou BNP par exemple. Néanmoins, depuis les dernières années, on a vu un nombre croissant de nouveaux promoteurs vendant ce type de produits se positionner sur le marché ISR en vendant par exemple juste un ou deux produits".

Un peu de tout et surtout n’importe quoi

Dans le monde de l’investissement socialement responsable, on retrouve ainsi les comptes d’épargne socialement responsables, les produits dits solidaires, ceux qui investissent par exemple dans l’économie sociale, mais le gros du marché se concentre sur les fonds d’investissement, soit 36 milliards d’euros à eux seuls. Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux mais tous ne méritent pourtant pas l’appellation socialement responsable.

Financité résume d’ailleurs son analyse avec cette formule : un peu de tout et surtout n’importe quoi. Sur l’ensemble des 452 fonds étudiés, 83% obtiennent la note de 0. Pour nombre d’entre eux, c’est avant tout parce qu’ils ont investi dans des entreprises ou des États, en achetant par exemple des emprunts publics, qui figurent sur la liste noire de Financité.

"On passe au crible tous les fonds qui sont commercialisés sur le marché belge. Pour les passer au crible, on a constitué une liste noire", rajoute Charlene Provost. "Sur cette liste noire, on retrouve toute une série d’entreprises et d’États qui contreviennent aux conventions et traités internationaux ratifiés par la Belgique. Et lorsqu’on compare ceux qui se trouvent sur notre liste noire, donc des entreprises et des pays dans lesquels il ne faut pas investir, avec les fonds ISR, on retrouve qu’il y a énormément de fonds ISR qui investissent dans ces entreprises et dans ces États.

Pour vous y retrouver, il est possible de consulter les fonds cotés par Financité. Il est également conseillé d’interroger les banquiers sur les critères qui ont été pris en compte dans le choix des investissements par les gestionnaires du fonds.

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