L'industrie musicale génère toujours de l'argent, mais les gagnants ne sont plus les mêmes

Aujourd'hui, ce sont les concerts qui permettent de gagner de l'argent.
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Aujourd'hui, ce sont les concerts qui permettent de gagner de l'argent. - © RICK DIAMOND - AFP

Le marché de la musique est en pleine évolution depuis déjà plusieurs années, mais, pour la première fois, la vente de musique digitale dépasse les ventes physiques. C’est la fin d’une époque, et l’on parle ici streaming légal, sans même inclure le piratage en ligne.

Les abonnements payants, (Deezer, Spotify, Apple Music…) explosent ces derniers mois. Ensemble, ils rapportent 25 millions d’euros de chiffre d’affaires en Belgique. Et pour la première fois, c’est davantage que les CD, les DVD musicaux et les vinyles qui, eux, ne rapportent plus que 21 millions. Et ça ne prend même pas en compte les téléchargements illégaux qui, par définition, sont très difficiles à quantifier mais feraient sans aucun doute encore gonfler les chiffres et les statistiques du digital.

Les gagnants: l’industrie…

Tout cet argent dépensé sur Internet et dans les magasins de disques va-t-il dans les mêmes poches que par le passé ? Pas vraiment. On pourrait même dire qu’il y a des gagnants et des perdants dans cette évolution de l’industrie musicale. Les nouveaux acteurs qui raflent la mise sont les Deezer, Spotify et autres Facebook.

L’utilisateur lui aussi est gagnant financièrement. Car pour le prix d’un CD par mois, il a maintenant accès à des millions de chansons. Par contre, dans ce nouveau modèle économique, les perdants sont bien connus.

…les perdants: les artistes et les maisons de disques

Pour Sylvestre Defontaine, de Pure, le perdant, c’est l’artiste. "Quand un artiste vendait un disque, il gagnait une dizaine de pour cent. Aujourd’hui, quand un artiste est beaucoup streamé, ça veut dire qu’on l’écoute beaucoup en ligne. Mais il gagne très peu d’argent. On ne parle même pas de cents à l’écoute, mais de dixièmes, de millièmes de cents. Il faut donc en gagner des millions de cent pour devenir riche. Le grand perdant de cette opération est la maison de disques parce que , en définitive, elle ne sert plus à grand-chose."

L'industrie du disque à la ramasse

Dans le passé, c’était l’industrie du disque qui finançait le CD, se chargeait de la promo, et allait voir les magasins de disques pour démarcher les vendeurs. Aujourd’hui, les artistes font tout cela eux-mêmes. Ils enregistrent dans leur studio à la maison, font leur publicité sur les réseaux sociaux et vont directement voir les plateformes de streaming, sans passer par des intermédiaires.

Un artiste doit-il encore sortir un CD physique alors que le Web est à portée de clic? Certains continuent à le faire. Le disque peut encore constituer une source de revenus, mais ce n’est plus pour les mêmes raisons, explique Sylvestre Defontaine: "Avant, on achetait un disque, on l’écoutait, on trouvait que c’était bien et on se rendait à un concert à l’occasion. Le concert était le prolongement du disque. Aujourd’hui, c’est le disque qui est le prolongement du concert. On streame, on écoute, on apprécie un artiste, on va le voir en concert, et s’il a vraiment été bien, on achète le disque ou le vinyle."

Et c'est ainsi que le CD devient tout doucement un souvenir. Entre le T-shirt, le briquet et l’affiche du concert, c’est bel et bien la fin d’une époque.

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