L'industrie du textile et l'exploitation des travailleurs

L'industrie textile est souvent pointée du doigt en raison de l'exploitation des travailleurs.
L'industrie textile est souvent pointée du doigt en raison de l'exploitation des travailleurs. - © EPA

La découverte de travailleurs Boliviens exploités au Brésil par l’industrie du textile relance la question de la traite des travailleurs. Les filières de production auraient une fâcheuse tendance à devenir de plus en plus obscures.

Il est très difficile de chiffrer avec exactitude le nombre d’hommes et de femmes exploités aujourd’hui par l’industrie du textile. On parle de plusieurs dizaines de millions de personnes. Ces travailleurs étant généralement cachés, le chiffre est donc difficile à établir.

Jean-Marc Caudron est animateur de la campagne "Vêtements propres". Ce qui a été découvert au Brésil, le surprend d’abord quelque peu. "C’est la marque Zara qui est concernée. Or toutes ses campagnes de publicité sont centrées sur la production européenne de leurs vêtements. On découvre donc que ce n’est pas tout à fait le cas".

Opacité de production

Un problème d’ordre plus général se pose dans le secteur. "Il faut d’abord faire la différence entre les marques et les fournisseurs. Ces derniers sous-traitent de plus en plus la production à des ateliers. C’est là quel l’obscurité commence ; les filières de productions sont de plus en plus difficiles à localiser et donc, à identifier".

Le Bengladesh, un exemple marquant

Un pays serait aujourd’hui considéré comme tristement représentatif de l’exploitation des travailleurs : le Bengladesh. L’industrie du textile est le premier secteur d’exportation du pays. Cela concerne 2 millions de travailleurs. "C’est un pays qui ne dispose pas de matières premières adéquates. On y importe donc énormément de coton. Autre caractéristique, les ateliers de fabrication jouent énormément sur les coûts. Problème majeur, les conditions de travail dans les usines de textiles au Bengladesh sont catastrophiques. On ne compte plus les accidents de travail".

L’exploitation des travailleurs se traduit par des chiffres significatifs. Au Bengladesh, les travailleurs du textile touchent, en moyenne, le minimum légal. Cela représente un salaire net de 30 euros par mois. Le salaire vital local étant estimé à 100 euros, on devine que le mot exploitation n’est, ici, pas anodin.

La Belgique concernée

En Europe, la situation est également préoccupante. "Vêtements propres" comptabilise une trentaine de cas par an. Des cas qui concernent toutes les entreprises de textiles. Comme expliqué plus haut, le problème est davantage lié à la sous-traitance qu’aux marques elles-mêmes. En Belgique, on enregistre 6 ou 7 cas annuels.

Sacha Daout

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK