L'industrie alimentaire belge, un secteur qui se porte bien

L'industrie alimentaire belge se porte bien
L'industrie alimentaire belge se porte bien - © JEFF PACHOUD - Belga

L'industrie alimentaire belge est un secteur assez discret de notre économie. Pourtant, cette industrie affiche des chiffres à faire pâlir bien d'autres secteurs industriels.

Entre 2000 et 2010 le chiffre d'affaires de l'industrie alimentaire a augmenté de 47%, alors que a moyenne de l'ensemble de notre industrie se limitait à une croissance de 18%.

Le président de la Fédération de l'industrie alimentaire (Fevia), Bernard Deryckere, déclare même que le niveau d’emploi a augmenté dans le secteur. "Quand on compare le secteur aussi avec d'autres secteurs en Belgique, nous sommes un secteur qui a continué à croître les dernières années", précise-t-il.

Atteindre des marchés plus lointains

Le secteur veut faire passer son chiffre d'affaires global de 44 à 50 milliards d'euros ces prochaines années. Il compte miser sur les exportations, notamment vers les pays en forte croissance, le Brésil, la Russie ou la Chine. Mais cet effort postule aussi que nos industriels soient capables de produire des denrées alimentaires avec des durées de conservation plus longues.

C'est le cœur du projet "Consalim", un des axes prioritaires du pôle de compétitivité wallon "Wagralim".

Directeur de l’usine Lutosa à Leuze, et coordinateur du projet, Marc Cossement pointe cependant les difficultés à surmonter. "Il faut bien se rendre compte qu'on est limité par les distances puisqu'il faut du temps pour transporter et donc gagner quelques jours ou en tout cas, garantir un bon état de conservation des produits pendant tous ces transports", explique-t-il.

Le projet Consalim touche à sa fin, et il a déjà livré des résultats utilisables par les entreprises. "Quelques solutions sont déjà d'application dans les entreprises notamment par exemple dans les brasseries où on a pu trouver des solutions afin que les bières gardent par exemple toutes leurs caractéristiques essentielles pendant des transports qu'on ne maîtrise pas toujours au niveau température et au niveau conditions", explique Marc Cossement.

Emploi maintenu

En dix ans l'emploi a augmenté globalement d'un petit 1% dans le secteur, mais cela représente un exploit par rapport à bien d'autres industries. Si l'industrie alimentaire atteint ses objectifs de croissance des ventes, qui se montent à 5% par an dans les prochaines années, il y aura sans doute un impact positif sur l'emploi.

Mais Marc Cossement tempère : cet impact sera limité. "Nous devons en fait, on n'y échappe pas, compenser en fait l'augmentation des coûts de production en Belgique qui sont plus élevés que dans les pays voisins et chaque fois qu'on a une augmentation de coût, on n'a aucun autre choix, c'est qu'on doit essayer de compenser ça par une augmentation de l'automatisation."

Et si des emplois sont maintenus, c’est en réalité grâce au développement de nouvelles activités : "Je pense par exemple à des plats préparés où il y a encore beaucoup de main d'œuvre (…) des charcuteries qui sont coupées dans des usines plutôt que chez vous " explique-t-il.  "Il y a une partie des activités que vous faites dans la cuisine, qui sont reprises par les entreprises, qui font que globalement l'emploi est stable".

W. F. avec Michel Gassée

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