L'industrie 4.0: la nouvelle chance des industries dans les pays riches?

L'industrie 4.0: la nouvelle chance des industries dans les pays riches?
L'industrie 4.0: la nouvelle chance des industries dans les pays riches? - © Tous droits réservés

L’industrie 4.0 est en ligne de mire des grandes entreprises. On le constate dans l’aéronautique par exemple, chez Safran Aero Boosters à Liège. Mais en quoi consiste cette nouvelle industrie, dite du futur?

C’est le fruit de la quatrième révolution industrielle, celle du numérique. Elle transforme tout à la fois les produits, les usines et le business. C’est toute la chaîne de production qui est appelée à travailler dans une même continuité numérique, comme on dit, avec des machines beaucoup plus flexibles, avec des techniques de production additive par impression 3D ou des nouvelles façons de souder les pièces par exemple. Safran Aero Boosters produit des compresseurs à basse pression pour les moteurs d’avions et l’entreprise fabrique aussi des bancs d’essai pour tester ses moteurs. Elle s’apprête à surveiller ses bancs d’essai avec des drones, c’est nouveau, et elle va proposer à ses clients des lunettes connectées pour faciliter l’entretien des appareils. 

"Ce ne sont pas des gadgets, ce sont vraiment des outils qui vont nous aider à améliorer la maintenance dans le sens où le client n’aura plus qu’à nous appeler", explique explique Roberto Novello, en charge des bancs d’essai. "On lui propose de porter les lunettes, d’observer l’objet de son appel — l’appareil qui est en anomalie ou en défaut — et à ce moment-là, on lui dit directement, en temps réel, ce qu’il doit faire pour le remettre en place, s’il faut modifier une chose ou l’autre directement. Donc il y a un gain de temps évident".

Et le temps c’est de l’argent, surtout dans l’industrie où les pannes coûtent horriblement cher. D’autant plus cher que la demande des producteurs d’avions, comme Airbus et Boeing, est très forte. Il faut suivre la cadence, sous peine de pénaliser toute la ligne de production. Pas question d’arriver en retard avec le compresseur du moteur, sinon c’est l’avion qui ne sortira pas à temps. À quoi s’ajoute évidemment une grosse pression sur les prix, il faut produire toujours moins cher.

Il n’y a aucune raison d’être non compétitif par rapport à des pays émergents

Vincent Duprez est directeur innovation chez Safran Aero Boosters, il estime que l’industrie 4.0 marque une rupture et qu’elle est indispensable.

"Ce qu’il y a de révolutionnaire, c’est effectivement l’utilisation optimale de tous les moyens coûteux, et donc finalement il n’y a aucune raison d’être non compétitif par rapport à des pays émergents à partir du moment où on a travaillé sur l’efficacité", annonce-t-il. "Donc le principe c’est d’avoir toujours, par rapport à ces pays émergents, une avance technologique sur les produits, une avance technologique sur la façon de produire pour compenser les coûts de main-d’œuvre, qui sont forcément plus élevés dans notre pays par rapport à la main-d’œuvre des pays émergents".

Cette industrie 4.0 est-elle déjà en train de naître? Est-ce que tous les industriels travaillent sur ce genre de projets?

"Je ne suis pas certain que tous les industriels travaillent dessus", explique Vincent Duprez. "Certains industriels pensent encore qu’il y a un peu un effet de mode, mais on est à l’aube de cette révolution industrielle, c’est peut-être ce qui différencie cette révolution industrielle par rapport aux précédentes. On ne la suit pas, on essaye de l’anticiper et de s’y préparer et je pense que grâce à ça elle sera moins douloureuse".

L'industrie 4.0 se met donc progressivement en place. Elle commence déjà à produire ses effets et elle permettra peut-être de rapatrier chez nous des sous-traitances qu’on avait délocalisées bien loin dans ces pays à moindre coût. C’est donc peut-être une nouvelle chance qui s’offre à notre industrie.

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