L'indexation des salaires: son calcul et ses polémiques

L'indexation des salaires: son calcul et ses polémiques
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Seuls la Belgique et le Luxembourg pratiquent le système de l'indexation automatique des salaires. Créé en 1920 pour protéger le pouvoir d'achat des travailleurs face à la forte hausse des prix, il a toujours eu des détracteurs.

Alors que des milliers de personnes se sont données rendez-vous, ce mardi, à Luxembourg-ville pour manifester contre l'austérité, le système de l'indexation automatique des salaires en Belgique semble plus que jamais mis sous pression.

Si depuis sa création, ce système est régulièrement mis en cause chez nous, depuis peu, c'est l'Europe qui s'en mêle, la France et l'Allemagne en tête.

Instauré en 1920 par Joseph Wauters, l'idée était de préserver le pouvoir d'achat des travailleurs face à l'augmentation du coût de la vie. Des conventions collectives ont été négociées dans les différents secteurs d'activité économique pour réglementer cette indexation. Ainsi, tous les salaires n'augmentent pas au même moment de la même façon.

Le calcul de l'index

L'indexation, appelée aussi l'indice des prix à la consommation, mesure l'évolution des prix des biens et services consommés par les ménages. Si elle atteint ou dépasse l'indice-pivot (ce fut le cas en avril dernier), les salaires et les allocations sociales sont automatiquement revus à la hausse. C’est ce qu’on appelle l’indexation automatique.

Ce calcul est effectué, chaque mois, sur base d'un panier de consommation, censé refléter la consommation habituelle des ménages belges. Si en 1920, 56 produits, essentiellement alimentaires, composent ce panier témoin, on en retrouve 507 aujourd'hui.

Depuis 1994, l'augmentation des salaires est lié à l'indice santé : les tabacs, les alcools, l'essence et le diesel ont été retirés du panier pour éviter le risque de trop forte inflation.

Le pour et le contre

Le système de l'indexation automatique des salaires est fermement défendu par les syndicats qui estiment qu'il s'agit là d'un acquis social belge auquel il ne faut absolument pas toucher.

De leur côté, les patrons, représentés par la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), estiment que ce système pèse sur la compétitivité des entreprises et demandent sa révision.

Pour sa part, la Banque centrale européenne soupçonne l'indexation automatique d'entretenir l'inflation.

Mais si certains veulent sa suppression pure et simple, d'autres estiment qu'il faut seulement repenser son mécanisme.

C. Biourge






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