L'Etat français cède une part du capital de Safran

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Le logo de Safran - © Martin Bureau

Le gouvernement a engagé la cession d'une partie du capital de l'équipementier aéronautique Safran, dont le cours a bondi de près 50% depuis le début de l'année, et pourrait ainsi récupérer plusieurs centaines de millions d'euros.

Cette cession, qui se fera sous la forme d'un placement accéléré auprès d'investisseurs institutionnels , portera sur 3,6% du capital de Safran, qui pourra être portée à 4,7%, soit de 15 à 19,5 millions d'actions, a annoncé jeudi le ministre de l'Economie Pierre Moscovici.

L'action Safran valait 48,035 euros à la clôture de la Bourse de Paris jeudi.

A ce cours, l'Etat empocherait entre 720,5 et 936,7 millions d'euros, une somme bienvenue en période de difficultés budgétaires. Au bout du compte, le montant devrait être légèrement moindre, puisque ce type de transaction s'effectue généralement avec une décote par rapport au cours de la Bourse.

L'Etat avait déjà cédé une tranche de 3,12% du capital de Safran en mars dernier dans des conditions similaires avec une très légère décote de 12 millions d'euros. L'opération lui avait rapporté 448,5 millions d'euros.

Le ministre de l'Economie a souligné que l'Etat resterait actionnaire de référence de l'équipementier aéronautique, avec 23,5% du capital, un niveau susceptible d'être réduit à 22,4% en cas d'augmentation de la taille de la cession.

Il entend par ailleurs demeurer, grâce à une participation significative au capital et au jeu des droits de vote doubles, actionnaire de référence de Safran à moyen terme.

"Cette cession s'inscrit dans le cadre d'une politique de gestion active des participations de l'Etat, qui doit permettre de préserver les intérêts patrimoniaux et stratégiques de l’Etat tout en dégageant des ressources en fonds propres pour de nouveaux secteurs porteurs de développement économique", a affirmé M. Moscovici dans le communiqué.

2,38 milliards déjà cédés

"Ainsi, le produit de la cession de ces titres, qui sera versé sur le compte d'affectation spéciale des participations financières de l’Etat, servira à financer de nouveaux investissements productifs au service du redressement de l’économie nationale", a-t-il ajouté.

Cette opération s'effectue dans les meilleures conditions pour l'Etat, qui tire partie de la très bonne tenue des marchés financiers depuis le début de l'année.

L'Etat tire également avantage de la bonne santé de Safran, dont le chiffre d'affaires a progressé de 10% depuis le début de l'année, à 7,06 milliards d'euros. Le PDG du groupe, Jean-Paul Herteman, se dit optimiste pour les années à venir sur les perspectives de Safran.

L'Etat a déjà cédé cette année une partie de ses participations dans le constructeur aéronautique EADS et le gestionnaire des aéroports Aéroports de Paris (ADP), pour un montant qui ajouté aux parts déjà cédées de Safran, s'élève à 2,376 milliards d'euros.

La cession l'été dernier de 9,5% d'ADP au profit du groupe de BTP Vinci et de l'assureur Predica (groupe Crédit Agricole) lui a rapporté 738 millions d'euros (303 millions à l'Etat et 435 millions au Fonds stratégique d'investissements - FSI). L'Etat reste majoritaire dans le capital du gestionnaire d'aéroports (50,63%).

La vente de titres EADS a rapporté près de 1,2 milliard d'euros à l'Etat. Elle s'est faite dans la foulée de la réforme de la gouvernance du constructeur aéronautique, qui a porté la participation de l'Etat à 12% du capital du groupe.

Outre les revenus tirés de ces cessions, l'Etat profite également des dividendes que lui versent les entreprises dont il détient des parts via l'Agence de participation de l'Etat (APE).

Il a ainsi connu une année faste en 2012, avec 4,6 milliards d'euros de dividendes versés, tandis que la valeur de son portefeuille coté en Bourse a augmenté de 14% au 1er septembre, selon l'APE, qui gère les parts détenues dans Areva, EDF, GDF Suez, Air France-KLM, Orange, Renault, EADS ou encore ADP.


AFP
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