L'Allemagne emprunte à un taux négatif alors que l'Espagne se finance à 7%

La façade d'un bureau de la banque espagnole Bankia à Séville, photographiée le 15 juin 2012
La façade d'un bureau de la banque espagnole Bankia à Séville, photographiée le 15 juin 2012 - © Cristina Quicler

Malgré les décisions du sommet de Bruxelles fin juin, les taux d'intérêt auxquels l'Espagne est soumise pour se refinancer repartent à la hausse. Pendant ce temps, l'Allemagne a levé lundi 3,29 milliards d'euros via l'émission d'obligations à court terme (six mois). Selon la Bundesbank, cette émission s'est faite à un taux de -0,0344%, un record.

Le taux d'emprunt à 10 ans de l'Espagne se tendait nettement lundi pour repasser au-dessus des 7%, dans un marché qui ne s'attend pas à de grandes avancées lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro et s'inquiète de plus en plus de la dégradation de la conjoncture économique.

Peu après 10H00, le rendement espagnol, qui évolue en sens inverse de la demande, atteignait 7,026% contre 6,912% vendredi à la clôture. Il n'avait pas dépassé le seuil des 7% depuis le 19 juin.

L'Allemagne a levé lundi 3,29 milliards d'euros via l'émission d'obligations à court terme (six mois). Selon la Bundesbank, cette émission s'est faite à un taux de -0,0344%, un record. Le précédent record pour ce type d'obligation date du 11 juin, avec un taux d'intérêt de -0,007%.

Un taux négatif signifie que les investisseurs sont prêts à payer une prime pour placer leur argent dans un investissement "sans risques". Les obligations de la Suisse, également perçue comme une valeur-refuge, ont elles aussi affiché des taux négatifs cette année.

Booster les fonds propres des banques

Par ailleurs, la réunion de l'Eurogroupe où seront discutés les termes de l'aide financière aux banques espagnoles, posera comme conditions à ces dernières qu'elles augmentent leur niveau de fonds propres, selon le journal El Pais.

"Toutes les entités espagnoles devront augmenter jusqu'à 9% leur niveau de capital de meilleure qualité ou 'core capital", niveau de fonds propres durs, un taux jusque-là seulement obligatoire pour les plus grandes banques, écrit le quotidien, citant des sources européennes proches des négociations.

La réunion des ministres des Finances de la zone euro est jugée cruciale par le marché, qui vit un regain de tension dans l'attente de connaître les détails de l'aide financière aux banques.

Constitution d'une "bad bank"

Les investisseurs semblent perdre patience, manquant de précisions depuis l'annonce, le 9 juin, d'une aide de la zone euro de jusqu'à 100 milliards d'euros pour les banques espagnoles, fragilisées depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.

"Tout indique que les principaux points de l'accord des dirigeants de la zone euro seront respectés, c'est-à-dire la capitalisation directe du secteur bancaire espagnol et l'absence de priorité de cette dette sur le reste de la dette souveraine espagnole", estiment les analystes de la maison de courtage Link Securities.

Mais "il faut maintenant décider quand et comment sera appliqué ce plan, et ce qui sera demandé en échange", préviennent-ils.

"L'une des conditions non négociables imposée par les 'hommes en noir' est la constitution d'une 'bad bank' ", entité regroupant les actifs immobiliers toxiques des banques, affirme le journal Expansion, une opinion partagée par El Pais.

T.N. avec agences

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