L'embargo russe représente-t-il une menace pour nos exportations?

Vladimir Poutine sourit mais en coulisses il prépare sa riposte aux mesures européennes et américaines. C'est parti pour l'escalade!
Vladimir Poutine sourit mais en coulisses il prépare sa riposte aux mesures européennes et américaines. C'est parti pour l'escalade! - © GEORGES GOBET - BELGAIMAGE

Pommes, tomates, pommes de terre, viandes ou encore poissons, la Russie riposte aux nouvelles sanctions occidentales. Elle a interdit mercredi, et pour un an, l'importation de produits agroalimentaires des pays qui l'ont sanctionnée. Quel impact pour la Belgique ?

En 2012, la Russie était notre 13ème client, pour seulement 1,6% du total de nos exportations. Mais d'année, nous exportons plus vers la Russie, par exemple 5,4 milliards d'euros en 2012, c'est donc loin d'être négligeable. Au total ce sont quand même près de 2400 entreprises belges qui vendent en Russie et plusieurs centaines d’autres sont intéressées par ce marché potentiellement très porteur.

En se penchant sur les chiffres, on constate qu'il y a quatre secteurs qui domine nos exportations: les produits chimiques, les machines, le matériel de transport et divers matériaux. En principe ce ne sont pas des secteurs visés par l'embargo russe mais il faut dire que les contours de cet embargo sont relativement flous. Vladimir Poutine a demandé à son gouvernement d’en organiser les détails et la mise en œuvre.

Menaces sur nos poires

Ce que l'on sait, c'est qu'il viserait les produits agro-alimentaires. Nos exportations dans ce créneau pèsent pour environ 7% du total, soit un petit 400 millions d'euros, chiffres 2012. Pas énorme donc mais au cas par cas cela peut faire très mal.

Par exemple, environ 40% des poires belges sont vendues en Russie. Christian Gusbin responsable de l’association des producteurs de la Criée de Saint-Trond reconnaissait jeudi matin que les nouvelles ne sont pas bonnes pour le secteur. Il serait en effet très difficile de trouver rapidement de nouveaux débouchés pour des quantités qui sont très importantes.

Enfin, notons qu'au total la Russie nous vend nettement plus que nous lui vendons. Au jeu dangereux d'une escalade d'embargos, ce seront les Russes qui perdront le plus. Mais personne n'y gagnera!

Michel Visart

 

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