L'économiste Philippe Defeyt: "Il faut envoyer le message que l'énergie bon marché, c'est fini"

Les prix des carburants ont augmenté en Belgique ces derniers mois, en particulier pour le diesel: +16% en un an. Le prix maximum du diesel a été multiplié par 13 depuis 1970. Mais, même ces dernières semaines, le prix des carburants était toujours de 10% inférieur au record historique de 2012.

L’économiste Philippe Defeyt de l’Institut pour un Développement Durable, a tenu compte de toute une série de paramètres: l’évolution générale des prix, du revenu disponible, des autres coûts de la voiture comme le prix d'achat et de l'entretien. "Par exemple, tout le monde sait aujourd’hui qu’on doit aller moins souvent au garagiste qu’avant et on a d’ailleurs parfois des contrats qu’on peut souscrire. Donc, quand on met toutes ces pièces du puzzle ensemble, on constate effectivement que rouler coûte proportionnellement moins cher qu’il y a 30 ou 40 ans", explique-t-il.

Il n’empêche que le prix des carburants à la pompe peut quand même peser a fortiori sur les ménages aux plus faibles revenus ou les ménages dans les zones rurales. Philippe Defeyt note quand même que ça ne concerne pas tout le monde: "On constate souvent que les personnes qui sont absolument obligées d’utiliser leur voiture ne sont pas nécessairement les travailleurs les plus aisés. Cela dit, rappelons quand même qu’il y a les travailleurs pauvres, mais l’immense majorité des personnes pauvres n’ont pas ou n’ont plus de voiture aujourd’hui. Donc, elles sont de toute façon obligées de passer par d’autres modes de transports."

Pour améliorer le pouvoir d'achat des personnes à faibles revenus, le professeur propose de leur donner une prime ou d'augmenter leurs revenus tout en ajoutant: "Il faut envoyer un message à tout le monde: 'l’énergie bon marché, c’est fini'".

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