L'économiste Paul De Grauwe favorable à un saut d'index

L'économiste Paul De Grauwe se prononce en faveur d'un saut d'index
L'économiste Paul De Grauwe se prononce en faveur d'un saut d'index - © RTBF

En plein débat sur les coûts salariaux, l'économiste Paul De Grauwe était invité dans Matin Première: il préconise un saut d'index, une solution qui allie austérité et un coup de fouet à l'économie. Il défend aussi les salaires élevés, reflets d'une productivité élevée. Il revient aussi sur le dossier Dexia.

Pour l'économiste flamand, la recapitalisation de Dexia est tout sauf une surprise: "On a donné des garanties par le passé, on est obligés à recapitaliser. Cela nous lie les mains et les pieds". Il indique l'unique porte de sortie: "Il y a toujours moyen de laisser tomber, mais cela fait peur".

A la question de savoir si les Belges ont été roulés par les Français dans cette affaire, Paul De Grauwe indique: "On a été poussés dans un coin. On a eu trop peu de puissance politique pour faire face à la France. Et voilà le résultat: un déséquilibre dans les engagements que les deux pays ont du prendre."

Au moment de recapitaliser, on pourra utiliser la recette classique, dit-il, en émettant des obligations, on alourdira la dette dans l'immédiat, ce qui a long terme alourdit le budget.

Coûts salariaux trop élevés?

L'ancien sénateur Open Vld reconnaît que les coûts salariaux constituent un problème en Belgique et voit une solution pour corriger cela: le saut d'index. Cela donnerait un coup de fouet à l'économie, en évitant les pièges des solutions déflationnistes. Le professeur à la London School of Economics explique: c'est un mélange d'éléments d'austérité (l'Etat paye moins ses fonctionnaires) mais cela stimule aussi la compétitivité. Bref, Paul De Grauwe se dit favorable au saut d'index mais pas à l'austérité.

Là où Paul De Grauwe se démarque du discours habituel des économistes, c'est quand il affirme que "les salaires élevés en Belgique sont le reflet d'une productivité élevée. Cela compense en grande partie. Il faut se défaire du négativisme par rapport aux salaires élevés".

L'Allemagne a eu un taux d'augmentation des salaires peu élevé, rappelle-t-il, ce qui lui a donné un gain de compétitivité substantiel. Cela désavantage la Belgique. Mais l'Allemagne ne pourra pas maintenir cette politique de salaires bas avec une productivité élevée, ajoute-t-il, car les travailleurs voyant que les gains de productivité vont au capital se révolteront.

Enfin Paul De Grauwe ne croit pas que la Belgique payera ce différentiel par rapport à l'Allemagne: "A terme l'emploi dans l'industrie diminuera, car la productivité augmente. Le secteur des services va continuer à croître", conclut-il. 

RTBF

 

 

 

 

 

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