L'écart hommes-femmes se creuse en termes de rémunérations alternatives

Une voiture de société, un abonnement Internet, des chèques repas… Ce sont là quelques rémunérations alternatives, parmi la quarantaine qui existe et reprise dans une étude de SD Work, que vous avez peut-être à côté de votre salaire mensuel. Qui en bénéficie ? Existe-t-il des différences entre les secteurs, les genres ?

"La politique RH a bien évolué et on constate qu’il y a plus d’une quarantaine de paquets de rémunérations alternatives", explique Koen Vleminckx, directeur de recherche au sein du Service fédéral de la Sécurité sociale. "C’était vraiment le moment pour en faire un inventaire et avoir un aperçu de tous ces différents avantages. À l’initiative de la ministre De Block, on a donc demandé une étude et cette étude a été confiée à SD Worx, qui a travaillé ensemble avec l’Antwerp Management School et nous, le SPF Sécurité sociale, et l’ONSS".

Ces différents avantages ne sont généralement pas distribués de façon égale parmi tous les employés. Premièrement, tout dépend du secteur dans lequel on travaille. "Qu’une personne perçoive oui ou non une certaine rémunération alternative semble dépendre de la plupart des cas du secteur dans lequel on travaille. Par exemple, on trouve surtout les voitures d’entreprise dans le secteur de l’information et communication. Plus de 60% des employés dans ce secteur-là ont une voiture d’entreprise. Par contre, on trouve beaucoup moins de voitures d’entreprise dans les autres secteurs" précise Koen Vleminckx.

Impact sur le financement de la Sécurité sociale

Au-delà du secteur, il existe aussi des différences, que l’on soit un homme ou une femme. "Pour pas moins de huit des 11 avantages sociaux qu’on a étudiés, il semble que les femmes entrent beaucoup moins en considération pour bénéficier d’une certaine forme alternative de rémunération comme les voitures par exemple", remarque-t-il. "Pour l’étude finale, on a étudié 11 de ces 40 avantages et pour huit de ces 11 avantages, les femmes en perçoivent moins".

Autre tendance qui ressort de l’étude, les ouvriers sont beaucoup moins susceptibles de bénéficier des formes alternatives de rémunérations étudiées. Cela concerne surtout les employés de certaines sociétés privées. Plus de rémunérations alternatives pour les employés que pour les ouvriers et plus pour les hommes que pour les femmes, des constats qui ont un impact sur le pouvoir d’achat et le financement de la sécurité sociale. "On a fait des estimations dans notre étude, mais il faut évidemment nuancer", rajoute Koen Vleminckx.

"Pour certains avantages, on n’a qu’estimé les montants forfaitaires, mais on a quand même essayé d’estimer l’impact, et c’est même une sous-estimation, car l’impact est énorme pour le pouvoir d’achat des gens. Certaines rémunérations alternatives ne sont pas soumises à la Sécurité sociale, donc il y a là un effet important pour nous, qui a donc aussi une influence sur le financement de la Sécurité sociale", conclut-il.

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