L'Avenir, dernier rebondissement dans la crise de la presse écrite

Pour apprécier le déclin de la presse papier, il faut remonter au début des années nonante. A l’époque, sur le podium de la presse francophone en Belgique, on retrouvait, dans l’ordre, les titres du groupe Sud Presse (La Nouvelle Gazette, La Meuse, Nord Éclair), Le Soir et l’Avenir.

Selon les chiffres du CIM (Centre d'information sur les médias), tous les trois dépassaient alors largement les cent mille exemplaires vendus chaque jour. Vingt-cinq ans plus tard, ces titres ont vu leur diffusion dégringolée. Moins 62% pour Le Soir et Sud Presse, moins 36% pour l’Avenir qui, notons-le, a un peu mieux résisté à cette lente désertion des lecteurs.

Des lecteurs qui glissent vers le numérique

Les lecteurs en Belgique n’ont pas disparu.  Selon une étude publiée en 2017 par le CIM, la presse écrite touche chaque jour 5.464.160 de Belges, soit 56 % de la population âgée de 12 ans et plus. Seulement, ces lecteurs ont changé leur façon de s'informer. Aujourd'hui, si la majorité (58 %) continue de privilégier le papier, près de 4 lecteurs sur 10 s’informent essentiellement via le web.

Fin du tout gratuit sur Internet

Présents en ligne depuis l'avènement d'Internet, les principaux titres de presse belges ont dans un premier temps opté pour un modèle du tout gratuit. Tous les contenus payants sur le papier se retrouvaient, en ligne, à disposition de tous. Mais la fréquentation des sites web, aussi importante soit-elle, ne permit pas de "monétariser" ces contenus. La faute à des espaces publicitaires en ligne qui rapportent beaucoup moins que sur le papier. D'où ces dernières années, l’émergence des articles payants, souvent via des abonnements mensuels. La Libre, La DH, L'Avenir, tous s’y sont mis, en espérant y trouver leur salut.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK