L'avenir de la zone euro suspendu aux discussions en cours en Grèce

Le représentant du FMI Poul Thomsen à son arrivée au ministère de l'Economie le 20 janvier 2012 à Athènes
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Le représentant du FMI Poul Thomsen à son arrivée au ministère de l'Economie le 20 janvier 2012 à Athènes - © Aris Messinis

Les représentants de l'UE et du FMI, les créanciers institutionnels de la Grèce, ont entamé vendredi à Athènes des discussions avec le ministre des Finances Evangélos Vénizelos sur la mise en oeuvre de la deuxième aide européenne au pays, a indiqué le ministère.

Dès vendredi matin, Poul Thomsen (FMI) et Matias Mors (zone euro) ont été reçus par Evangélos Vénizelos, pour discuter de l'avancement du premier programme d'assainissement de l'économie grecque et des mesures à venir, pour décrocher le versement de 130 milliards d'euros d'aide européenne supplémentaire, décidé fin octobre à Bruxelles.

Jeudi, le porte-parole du gouvernement Pantélis Kapsis n'a pas exclu la nécessité d'adopter de nouvelles mesures d'austérité, pour redresser l'économie du pays, qui s'est enfoncée dans la récession en 2011 et peine face à la crise de la dette depuis deux ans.

La France a prévenu vendredi que "l'Europe ne paiera pas davantage" pour la Grèce que ce qui est prévu dans les accords européens de fin octobre.

L'arrivée des représentants de l'UE et du FMI coïncide avec les entretiens cruciaux en cours à Athènes entre le représentant du lobby bancaire international Charles Dallara (IIF) et le gouvernement grec sur l'effacement d'une partie de la dette privée du pays, une condition préalable pour la mise en œuvre du deuxième plan d'aide au pays.

Après avoir échoué vendredi dernier, les discussions pour que les banques renoncent volontairement à 100 milliards de créance grecque ont repris mercredi, les participants faisant régulièrement état d'avancées et de progrès. En début d'après-midi vendredi, Evangélos Vénizelos et le Premier ministre Lucas Papademos doivent d'ailleurs de nouveau rencontrer Charles Dallara pour tenter de finaliser l'accord.

La pomme de discorde de cet accord entre l'IIF et le gouvernement grec reste le taux d'intérêt des nouvelles obligations. Selon le quotidien Kathimerini, la proposition de l'IFF porte sur un taux d'intérêt moyen de 4,25% pour les nouvelles obligations émises (progressif entre 3% et 4,5% selon la maturité des titres), ce qui induirait une perte de 68% pour les banques, au lieu des 50% initialement prévus.

Un enjeu pour toute la zone euro

S'il y va de l'avenir financier de la Grèce, l'enjeu pour la zone euro est également de taille, car sans accord avec ses créanciers privés et publics, le pays ne pourra pas rembourser 14,4 milliards d'obligations arrivant à échéance le 20 mars, ce qui constituerait un défaut de paiement désordonné du pays, une menace pour l'ensemble de la zone euro et même au-delà.

A l'inverse, une stabilisation du pays à l'origine de la crise de la dette pourrait constituer une phase décisive et permettrait de consolider le relatif répit observé depuis le début de l'année sur les marchés boursiers et obligataires, qui ont relativement bien digéré la perte du triple A français.

Une étape importante est également attendue côté italien, vendredi, où le gouvernement de Mario Monti étudie en conseil des ministres un vaste programme de libéralisations dans plusieurs secteurs visant à insuffler davantage de concurrence dans l'économie italienne.

Sur les marchés, c'est l'attentisme qui prévaut. De légers dégagements étaient enregistrés vendredi matin sur les places européennes, celles-ci attendant prudemment l'évolution des négociations avec la Grèce.

Olli Rehn appelle à plus de solidarité

Le Commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a demandé aux pays de la zone euro mieux lotis que les autres, dont l'Allemagne, à davantage aider à résoudre la crise, dans un entretien vendredi au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

Questionné si les pays du sud, avant tout l'Italie, avaient raison de demander à l'Allemagne davantage d'aide, le commissaire finlandais répond : "Leur appel ne s'adresse pas seulement au gouvernement allemand mais à tous ceux qui se portent mieux actuellement. Ces derniers ne doivent pas oublier combien ils ont profité de l'euro, grâce à des marchés d'exportation stables et une monnaie stable".

Et d'ajouter : "Parce qu'aucune monnaie à l'intérieur de la zone euro ne peut être dévaluée, les pays exportateurs comme l'Allemagne vendent bien plus grâce à l'euro qu'avant l'euro".

Il précise cependant en même temps que les pays qui appellent les mieux lotis à aider les autres "doivent assumer leurs propres responsabilités".


AFP

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