L'assistant vocal de Google a sa version belge, mais pour faire quoi?

Google lance aujourd’hui officiellement son assistant vocal en Belgique "Google Assistant". Communiquer par la voix avec son smartphone, en français de Belgique et en néerlandais, c’est désormais possible - en plus d'avoir accès à des informations prioritairement belges (actualités, compétitions sportives, chansons,...) et plus françaises, selon le géant technologique. Mais l’assistant vocal de Google en est encore au stade de l’expérimentation, et les applications concrètes sont encore limitées.

Comme si vous étiez un grand patron d'entreprise

Consulter la météo du jour, l’heure de sa prochaine réunion, ou des horaires de trains. Pour Thierry Geerts, directeur de Google en Belgique, tout le monde est potentiellement concerné par l’assistance vocale: "Sur votre smartphone, vous allez avoir un assistant qui vous aide, comme si vous étiez un grand patron d'entreprise, et que vous aviez un assistant personnel. Aujourd'hui on met ça à disposition de tout qui à un téléphone".

Une première étape, pour Thierry Geerts: "L’internet vocal de 2019, c'est le début d’un voyage, et certainement pas une destination. Je suis persuadé que vous pourrez payer avec la voix, plus tard. Mais au lancement, nous avons un certain nombre d’applications très précises, comme la météo, le train, les itinéraires,…qui sont déjà très utiles. Tous nos essais d’utilisation à l’étranger ont été concluants. Parce que cela vous aide au quotidien, avec des choses simples. "

Un canal de communication plus qu'un outil

Des applications peut-être "précises", mais aussi limitées. Parce que ce sont bien des entreprises partenaires de Google qui doivent développer elles-même, leurs propres applications. Présents ce matin, lors du lancement, Bpost, la Sncb, Colruyt, l'IRM - Institut royal météorologique de Belgique, entre autres. Comme pour asseoir la crédibilité belge de l’assistant vocal de Google.

Un orteil dans l'eau

Mais côté bancire, Michel Rigatti, développeur chez ING, qui a travaillé sur plateforme de l'assistant pour la banque, concède qu'"aujourd'hui, c'est un canal de communication simple. C'est à dire sans utilisation de données personnelles, uniquement une interaction sous forme de questions-réponses". Un accès limité en fait aux FAQ's - les questions les plus fréquemment posée par les clients. Et c'est globalement tout. Il confirme que la banque veut "d'abord faire une étude de marché pour voir comment la Belgique réagit à l'assistant. Et après, on passera sans doute à des possibilités bancaires, mais qui nécessitent une identification plus forte, qui est à l'étude pour l'instant". Par identification plus forte, comprenez: protocole de sécurité plus élaboré. 

Quelles possibilités réelles?

Geert Kelchtermans, responsable de la transformation digitale chez Proximus, confirme que Google Assistant est à ce stade bien plus un simple canal de communication entre l’opérateur et ses clients qu'un véritable outil: "On commence par une possibilité de consultation d'informations, les tarifs, l'usage, et la consommation. Et à terme on va évoluer, dans les mois qui viennent, vers le paiement de factures".

Pour prendre d'autres exemples: Trouver un restaurant de sushis, c'est possible avec l'assistant de Google, mais pas encore d'y réserver une table. Chez Colruyt, préparer sa liste de courses - produits et quantités souhaités, c'est possible, mais pas de valider sa commande. Côté SNCB, il vous sera loisible de consulter les horaires, de vérifier quel tarif est le plus avantageux pour vous, mais pas de payer votre billet. Reste donc à voir s’y s’entourer de plusieurs grandes entreprises bien connues en Belgique, suffira à convaincre les belges de parler à leur smartphone.

Les chiffres explosent

Chez Google, on préfère lancer quelque chose pour que les gens puissent s’y intéresser

Thierry Geerts, directeur de Google Belgique assume le fait de présenter aujourd'hui un produit "non fini", en quelque sorte: "C’est de l’expérimentation. Tant pour Google et ses partenaires que pour l’utilisateur, qui va se rendre compte que c’est fantastique pour les itinéraires ou la météo, mais que ça fonctionne peut-être moins pour l’une ou l’autre demande. Mais chez Google, on préfère lancer quelque chose pour que les gens puissent s’y intéresser, qu’on passe le message, plutôt que d’attendre encore trois ans et d’avoir quelque chose qui est soi-disant parfait. Le monde évolue évolue tellement vite qu’il faut plutôt évoluer avec son temps".

Il y a bien chez les différents acteurs la conviction que l’avenir des technologies personnelles passera par la voix. Mais en plus, le marché des assistants vocaux explose. Le cabinet d'études GFK estime que d'ici trois ans, un tiers des recherches en ligne passera par un assistant vocal. Rien que chez Google, le nombre d'utilisateurs actifs de l'assistant vocal a été multiplié par 4, sur la seule année écoulée. La progression est principalement poussée par l'émergence des objets connectés: alarmes de sécurité, thermostats, ouvertures de garage, frigos...Google Assistant, Alexa d' Amazon et Siri d'Apple représentent 90 % du marché.

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