L'art "accessible" s'expose à Bruxelles ce week-end, mais l'est-il vraiment?

L'art "accessible" s'expose à Bruxelles ce week-end, mais l'est-il vraiment?
L'art "accessible" s'expose à Bruxelles ce week-end, mais l'est-il vraiment? - © PHILIPPE LOPEZ - AFP

Acheter une œuvre d'art contemporaine à prix serré, c'est le concept de la Afforable Art Fair, la foire de l'art accessible, qui ouvre ses portes à Tour & Taxis au public aujourd'hui.

Le concept de cette foire s'oriente autour de la vente d'œuvres dont la valeur varie entre 75 et 7500 euros maximum. Seront exposées des milliers de peintures, sérigraphies, gravures, photos, sculptures mais aussi de plus en plus de création en arts numériques.

Un marché en hausse

7500 euros, c'est le prix maximum autorisé pour les œuvres exposées par cette foire. Un budget que l'immense majorité des ménages ne peut pas se permettre de dépenser pour une œuvre d'art.

Selon Géraldine Hubos, directrice de l'Afforable Art Fair, la hausse du prix maximum reflète aussi l'évolution du marché. "Il y a quelques années, nous étions sur un plafond de 5000 euros", explique-t-elle. "On est ensuite passé à 6000 puis 7500 cette année-ci, parce qu'on se rend compte que le prix moyen d'une œuvre d'art ici tourne autour des 1200 euros." 

La directrice poursuit : "ce n'est pas uniquement avec l'inflation, mais c'est en fonction de ce que l'on observce ici. On a fait une moyenne et on s'est dit "on peut augmenter" parce que les gens sont prêts à mettre plus qu'il y a quelques années."

Les galeristes qui participent à cet événement sont demandeurs et souhaitent même que le seuil maximal soit porté à 10 000 euros, ce qui leur permettrait de mieux rentabiliser leur présence mais aussi d'exposer des artistes plus reconnus, avec une qualité plus élevée et donc des prix plus élevés. Une démarche que l'organisatrice se refuse pour le moment de mettre en place.

Pour Didier Bowers, cofondateur de la galerie Art 22 à Bruxelles, le lien entre la hausse des prix dans cette foire à prix modéré et les records dans les ventes publiques d'art dans le monde est évident.

"Le marché de l'art est tellement médiatisé sur les réseaux sociaux par exemple, avec des records en ventes publiques qui dépassent parfois l'entendement. C'est vrai que tous ces éléments conditionnent les artistes ou même le public amateur d'art. L'art représente effectivement un certain budget."

La cote des artistes s'envole également beaucoup plus vite qu'avant selon Didier Bowers. Logiquement, les artistes demandent davantage d'argent pour leurs œuvres.

Les galeries y trouvent leur compte

D'un point de vue commercial, Une présence à ce genre d’événement est extrêmement importante pour les galeries. Elles y louent des espaces d'exposition pour vendre les œuvres mais il ne s'agit pas uniquement d'une exposition puisqu'en moyenne, 2 000 œuvres seront vendues durant cette foire.

"Pour une galerie d'art contemporain, c'est très important de faire des foires, car c'est une façon pour nous de promouvoir nos artistes et également de faire de nouveaux contacts", explique Didier Bowers.

"Il faut savoir que les galeries sont de plus en plus désertées par le public pour le moment , peut être par crainte ou par une espèce de préjugé un peu élitiste" déclare-t-il.

En moyenne, les salons auxquels Didier Bowers participe lui assurent 60 % de son chiffre d'affaires annuel. Le reste provient de la galerie qu'il exploite à Bruxelles.

"C'est vrai qu'une foire comme Afforable Art Fair permet d'avoir un public déjà très large et très intéressé également par l'art de manière générale", conclut Didier Bowers.

L'Affordable Art Fair se déroulera à Bruxelles à Tour & Taxis du 14 au 17 mars. Près de 20.000 visiteurs et 90 galeries belges et internationales sont attendues cette année.

Archives : Journal télévisé 18/03/2018

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