L'affaire ACW-Belfius mérite-t-elle une commission d'enquête parlementaire?

L'affaire ACW-Belfius: pas beaucoup de transparence, mais pas de scandale non plus
L'affaire ACW-Belfius: pas beaucoup de transparence, mais pas de scandale non plus - © Belga

La démission de Steven Vanackere est donc liée à l'affaire ACW-Belfius. C'est la N-VA qui a levé le lièvre et qui a eu le scalp du vice-premier CD&V. Mais cette affaire est-elle vraiment un scandale qui mérite -comme le réclame la N-VA- une commission d'enquête parlementaire ? Éléments de réponse.

L'accusation de la N-VA est claire: Belfius, banque détenue à 100 % par l'Etat, aurait avantagé l'ACW, l'aile gauche de la mouvance sociale chrétienne. Comment? En payant un intérêt beaucoup trop élevé sur un prêt de 68 millions d'euros accordé par l'ACW à la banque.
 
D'abord, la notion d'intérêt trop élevé est mise en doute par les spécialistes. C'est un prêt d'un genre particulier avec des risques, il justifierait cette prime. 
 
Ensuite, et surtout, ce geste de Belfius prend ses racines dans l'histoire, celle du mouvement coopératif chrétien et de ses institutions financières.
 
Autrefois coopérative, la caisse d'épargne, puis la banque Bacob accordait des avantages à ses coopérants, des taux d'intérêt privilégié sur les crédits et les placements.
 
En 2001, Dexia rachète la Bacob. Les avantages, c'est fini. D'où l'idée d'accorder des parts bénéficiaires avec participations aux bénéfices à la clé.
 
Ces parts ont été rachetées par Dexia et ce fameux taux est en quelque sorte le prolongement des avantages aux ex-coopérants.
 
Un fil vert en quelque sorte, pas beaucoup de transparence, mais pas de scandale non plus.
 
Michel Visart
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