Feu vert au redémarrage de Tihange 2 et Doel 3, "irresponsable" pour Ecolo

Les réacteurs nucléaires de Doel 3 et Tihange 2 sont à l'arrêt depuis l'été dernier, après la découverte de microfissures. L'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a présenté ce vendredi ses conclusions sur les évaluations complémentaires requises auprès de l'exploitant Electrabel à propos de la remise en service de ces réacteurs. L'agence estime que les réponses apportées par ces tests complémentaires sont satisfaisantes et que l'exploitation de Doel 3 et de Tihange 2 peut recommencer dans des conditions de sûreté suffisantes.

Cependant, certaines mesures de précaution sont requises. Un plan de redémarrage doit être soumis par l'exploitant, notamment sur l'impact qu'a pu avoir l'arrêt prolongé des réacteurs sur les activités de maintenance et de surveillance. Ces mesures de sûreté seront contrôlées au fur et à mesure du redémarrage et après celui-ci. A plus long terme, l'AFCN demande une inspection par ultra-sons de la cuve du réacteur sur toute son épaisseur, à la fin du prochain cycle de chaque unité.

Selon Jan Bens, directeur général de l’AFCN, rien ne s'oppose au redémarrage des réacteurs puisque l'AFCN est la seule à devoir se prononcer et qu'aucune autorisation du gouvernement n'est nécessaire.

"On a demandé à Electrabel de justifier plus les hypothèses qu'ils avaient, de démontrer les marges de sûreté avec des essais supplémentaires. Donc il y a toute une campagne d'essais qui a été faite sur échantillons. On a fait un essai sur la cuve dans son entièreté et tout ses essais ont été très concluants donc on est tout à fait convaincus que les réacteurs peuvent redémarrer en toute sûreté", a-t-il précisé.

Dans un communiqué, Electrabel précise que les microfissures détectées "sont des défauts dus à l'hydrogène, non évolutifs, apparus durant la phase de forgeage des cuves", selon les tests effectués. "L'intégrité structurelle des cuves et leur résistance ne sont pas affectées et répondent à tous les critères de sûreté."

A la suite de la décision de l'AFCN, "Electrabel lancera directement les opérations de redémarrage des deux unités", ajoute le communiqué.

"Totalement irresponsable", selon Ecolo

 

Le gouvernement fédéral a choisi d'acter "de manière totalement irresponsable" le rapport de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) autorisant le redémarrage des réacteurs de Tihange 2 et Doel 3, a affirmé vendredi Ecolo qui estime que ledit rapport "ne lève pas tous les doutes soulevés par les différents experts belges et internationaux qui se sont exprimés quant aux fissures présentes dans les réacteurs et quant à leur redémarrage".

Pour les écologistes, il s'agit là d'une "négligence coupable" et d'un "manque de transparence" du gouvernement fédéral qui a "manifestement préféré répondre aux pressions du secteur nucléaire".

Pour les Verts, il était impératif qu'un débat puisse se mener avant toute décision du gouvernement. La réunion de la sous-commission nucléaire de mercredi aurait notamment dû permettre d'entendre les responsables de l'AFCN mais aussi les experts belges et internationaux. "En refusant ce débat et en chargeant l'AFCN de l'entièreté des responsabilités quant au redémarrage des réacteurs, le gouvernement cesse d'agir au nom de l'intérêt général et tombe dans l'opacité", indique la députée Muriel Gerkens dans un communiqué.

Tant les rapports intermédiaires de plusieurs organes de contrôle comme AIB-Vinçotte et Bel V, que des experts internationaux reconnus comme l'ancien directeur de l'agence de contrôle nucléaire allemande, Dieter Majer, avaient pointé l'étendue des problèmes de sécurité liés aux fissures décelées dans les réacteurs de Doel 3 et Tihange 2. Des doutes quant à un redémarrage sans danger de ces réacteurs ont également été formulés, dit Ecolo.

Des questions fondamentales pointées par ces experts restent pourtant aujourd'hui sans réponse, regrettent les Verts. "C'est notamment le cas en ce qui concerne les défauts découverts en 2012. Ceux-ci n'ont pas été détectés au cours de l'inspection finale après la fabrication des cuves, alors qu'ils auraient dû être détectables avec l'appareillage de test par ultrasons disponible à l'époque", avancent-ils encore.

Les écologistes annoncent qu'ils poursuivront leurs interpellations mercredi prochain en commission.

RTBF

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