L'action de l'opérateur Free chute de 20% et inquiète le marché  

Xavier Niel, présentant la nouvelle Freebox mini 4 K à Paris...C'était en 2015.
Xavier Niel, présentant la nouvelle Freebox mini 4 K à Paris...C'était en 2015. - © ERIC PIERMONT - AFP

Qu’arrive-t-il à l’opérateur Free, le vilain petit canard français qui a totalement redessiné le paysage des télécoms fixe et mobile en France? Mardi, pour la première fois, le nombre de ses abonnés fixe a baissé. L’action a dégringolé de 20% et les investisseurs commencent à se poser des questions.

Comme l’explique le site de France Inter, depuis 2012, ces actionnaires considéraient l’action Free comme une valeur de croissance, sans percevoir de dividende. "L’'action montait sur un pari d'avenir ". Exactement comme les géants informatiques. Mais il serait temps que l’action se transforme en valeur de rendement. Et c’est là que le bât blesse. Le ralentissement de la croissance de Free, le retard mis à sortir un nouveau décodeur, la pression sur le fixe… les astres semblent dans une mauvaise conjonction pour le moins puissant des quatre opérateurs français

"Notre idée, c’est d’abord d’être révolutionnaire, pas d’être soumis au cours de Bourse", a expliqué Xavier Niel, ajoutant qu’il faudrait un an pour remonter la pente.

Le coûteux passage à la fibre

Et le climat n’est pas rassurant pour le moyen terme. D’abord parce que les télécoms fixes doivent passer à la fibre. Dans ce paysage très volatile où les clients changent très vite "de crèmerie", c’est Orange, déjà largement équipé, qui pourrait tirer avantage de la situation. Free doit donc équilibrer par des promotions, ce qui réduit d’autant ses marges d’investissement.

La conséquence a été immédiate: la fortune de Xavier Niel, fondateur de l’entreprise, a perdu près de 1,5 milliard d’euros. Conséquence du fait que le fondateur de Free détient encore 52% des actions de son groupe.

 Pour se relancer, l’entreprise  parie sur son arrivée dans le mobile en Italie et sur sa nouvelle Box. Une tête est aussi tombée: Maxime Lombardini, patron opérationnel depuis 10 ans qui cède la place à Thomas Niel, ancien directeur financier.

3 ou 4 opérateurs? 

Cette situation relance le débat sur le nombre idéal d’opérateurs télécom que devrait compter l’’Hexagone. Ils sont quatre, mais il n’en faudrait que trois, selon des experts, pour garantir leur rentabilité. Si les leaders Orange et Bouygues Télécoms gardent le cap, SFR et Free sont dans la zone rouge.

La 5G en embuscade 

Et dans ce combat des chefs, se profilera bientôt, en 2020, l’introduction progressive (dans toute l’Europe) de la 5G, une technologie stratégique qui ouvrira les portes du monde connecté, des voitures autonomes et des villes intelligentes. Une étape à ne pas manquer, mais qui exigera des investissements colossaux.

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